A la fin de la saison 2, Sainte-Rose avait été enlevée. Dans quel état d’esprit la retrouve-t-on ?
Sonia Rolland : Elle est encore très affectée par cet événement, ce qui va faire naître une complicité différente entre elle et Gaëlle Crivelli. Confidences et émotion s’invitent dans leur relation. Mais rassurez-vous, elles restent chien et chat, ce qui est la signature de la série.
Elles ont un point commun : toutes deux ne sont pas douées en amour !
C’est aussi pour ça qu’elles s’entendent bien : elles ont les mêmes failles, ont la même vie décousue. Ce sont des femmes de leur époque, dans le sens où elles assument vraiment leur liberté, sans être dans les conventions. Mon personnage est une super flic, mais elle est complètement à côté de la plaque quand il s’agit de sa vie privée… On ne peut pas tout avoir ! Cette complexité est géniale à jouer.
Cette troisième saison compte de nombreux guests…
Ce sont eux qui demandent à venir, ce qui est très gratifiant. Édouard Montoute nous rejoint dans le premier épisode pour jouer un commandant des stups, qui est un ancien collègue de Crivelli. Nous avons également accueilli Armelle Deutsch, qui incarne une bonne soeur, et Frédéric Bouraly, génial dans le rôle d’un prêtre. Sans parler de Francis Perrin, Jimmy Jean-Louis… C’est un cadeau de collaborer avec de tels comédiens.
La série passe-t-elle un nouveau cap dans l’humour décomplexé ?
Oh oui ! Lorsqu’on se rend dans des festivals, on constate que le public est très attaché à cette irrévérence. Les auteurs ont remarqué qu’ils pouvaient se permettre tout ce qu’ils voulaient avec nous. En tant qu’actrice, je n’avais jamais eu de rôle aussi riche, qui me permettait d’aller explorer toute ma palette de jeu. C’est même inespéré. Tout ça avec la complicité de France 2, qui accepte tous les ans qu’un cran soit franchi.
Vous qui êtes maman de deux filles, est-ce compliqué de tourner quatre mois loin de la métropole ?
J’arrive à gérer à distance. Cette année, je n’ai pas pu les emmener avec moi. La plus jeune est entrée en sixième, tandis que l’aînée passait son brevet. Toutes les deux ont demandé à rester à Paris, non seulement pour se concentrer sur leur scolarité, mais aussi pour maintenir leur vie sociale. Même si je pars toujours avec une forme de culpabilité, je me rends compte que tout roule. Et cela crée un dialogue différent. Elles s’autonomisent.
Avez-vous toujours autant de plaisir à jouer dans la série ?
Oui, et surtout à retrouver toute cette équipe incroyable. Je me disais récemment que j’ai des amis qui habitent Paris et que je vois beaucoup moins que Béa (Béatrice de La Boulaye, ndlr). On vit ensemble quatre mois de l’année, ce qui est énorme. Du coup, mes autres copines sont jalouses. (Rires)
Avez-vous le temps pour d’autres projets ?
Je développe toujours des documentaires et je prépare aussi une fiction pour le service public : l’histoire d’une candidate à Miss France un peu particulière. C’est tiré de mon expérience, ainsi que de celles d’autres Miss, qui m’ont confié leur témoignage. Je suis scénariste, réalisatrice et coproductrice du projet.
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Interview Camille Sanson