Manuel Blanc (Un si grand soleil) : « Cette dernière arche a été une montagne russe émotionnelle »

Publié le 19 janvier 2024 à 17:50
Fabien MALOT - FTV
Alors que France 2 diffuse ce vendredi soir, à 20h40, le dernier épisode dans lequel apparaît le personnage de Guilhem Cabestan, son interprète Manuel Blanc s’est confié sur ses cinq années passées dans Un si grand soleil et sur ce que la série a changé pour lui en tant qu’acteur.

Si vous deviez décrire l’aventure Un si grand soleil en quelques mots, que diriez-vous ?

C’est difficile car il s’est passé tellement de choses… J’ai toujours du mal à résumer. Je parlerai du plaisir de retrouver des partenaires que l’on connaît – et d’en découvrir des nouveaux -, de travailler avec tous ces réalisateurs différents sur un même personnage… L’un des plaisirs de notre métier est de s’adapter à des manières de faire différentes. C’est un très bon exercice !

Cette dernière arche était-elle intense émotionnellement pour vous ?

Oui… Tout se mélangeait un peu d’ailleurs. Cette intrigue était ramassée dans le temps et nous tournions dans le désordre : c’était un peu les montagnes russes émotionnelles ! Mais en même temps, je me suis servi de ça pour jouer. On sent qu’il commence à perdre pied, à ne plus être rationnel. Il précipite les choses et va jusqu’à proposer des fiançailles, un mariage… Il est dans une logique qui le dépasse. S’emballer en amour, c’est humain, ça parle à tout le monde. Tout dépend de la rencontre qu’on fait. Là, il y a la relation en parallèle d’Estelle (la masseuse jouée par Alexia Degremont dont Guilhem tombe amoureux, ndlr) qui ne simplifie pas les choses. Après plusieurs déceptions amoureuses, on s’accroche. Là ça va trop loin, jusqu’à la folie.

Si je pouvais vous offrir le rôle de vos rêves, que choisiriez-vous ?

Un personnage à l’opposé de Guilhem (rires) ! J’aimerais qu’il ne soit pas en costume-cravate. Mais je suis ouvert : j’aime faire plein de choses. Donc je n’ai aucune attente. Dans notre métier, on peut recevoir des propositions et se demander d’où elles viennent car on n’y avait pas pensé.

Était-ce ce le cas pour Un si grand soleil ?

Je n’avais pas du tout pensé faire une série quotidienne. Je suis allé au casting car je n’avais pas d’autres projets à cette période-là. Pour un acteur, une quotidienne est une aventure un peu hors-norme car elle ne ressemble à aucune autre. On est à la disposition d’une production et on accompagne un personnage dans le temps. J’avais, par contre, cette envie-là de suivre un personnage aussi bien au cinéma qu’à la télévision. J’étais intrigué de voir cette frontière entre réalité et fiction qui devient un peu plus poreuse au fil du temps. Un si grand soleil a été une très belle aventure au rythme intense même si je ne tournais qu’une quarantaine de jours par an.  

Vous parliez du rythme de tournage intense. Était-ce difficile à suivre ?

Non car j’ai eu la chance que mon personnage évolue beaucoup dans des décors naturels et non en studio où les journées sont plus intenses. On a davantage de temps pour tourner en décors naturels. Ce sont des conditions proches de celles que j’ai pu connaitre sur des films à petits budgets. Je n’ai donc pas été déstabilisé d’autant plus que j’aime tourner dans l’urgence même si ça demande beaucoup de préparation en amont.

Avez-vous ressenti l’impact que la série avait sur le public ?

C’est impressionnant ! On a parfois l’impression de vraiment faire partie de leur quotidien. Les retours sont si différents comparés à ceux des téléfilms, des pièces de théâtre ou des films. On a l’impression que le public nous connait. Et maintenant avec les réseaux sociaux, ils peuvent nous écrire directement et plus rapidement !

Qu’a changé pour vous cette expérience d’Un si grand soleil ?

Guilhem a beaucoup évolué ces cinq années. Je l’avais instinctivement campé, au départ, de manière très dure et j’avais assumé cette part-là. Certaines personnes me disaient dans la rue : "Vous, je ne vous aime pas !" parce qu’elles le trouvaient tellement arrogant et sûr de lui. Il y avait un certain rejet. Je me suis dit ensuite qu’il était intéressant d’être à l’affût de moments de comédies pour ouvrir le personnage. Cette évolution m’a fait beaucoup de bien car j’ai l’impression d’avoir élargi ma palette de jeux. J’ai envie d’aller vers la comédie et des projets qu’on ne me proposait pas avant. Des choses plus solaires, que j’avais en moi au quotidien mais qui ne transparaissaient pas forcément dans mes personnages.

Vous avez publié deux romans (Carnaval en 2014 et Les Corps électriques en 2018). Seriez-vous prêt à écrire votre propre comédie ?

C’est une bonne question ! Ceux qui ont lu mes romans me disent parfois que j’ai une écriture très cinématographique et me demandent si j’ai déjà pensé écrire des scénarios. Effectivement, ce serait dans la logique des choses. Mais l’écriture est une bulle pour moi. Je n’ai pas envie de me mêler de la mise en scène. J’aime être un acteur au service d’un projet. Je pourrais écrire sans réaliser mais j’aime faire des choses différentes. Mon père était architecte et j’ai toujours grandi entouré de travaux. L’écriture est un gros chantier qui peut parfois durer plusieurs années.

Quels sont vos prochains projets ?

Je termine l’écriture de mon troisième roman dont je ne peux pas trop parler pour l’instant. Pour le reste, tout est ouvert !

Par
Pauline Hohoadji