Jérôme Bertin (Plus belle la vie, encore plus belle) : « Ma crise de la cinquantaine, c’est… »

Publié le 10 juillet 2024 à 8:59
NEWEN/TF1
Le célèbre commandant de police de Plus belle la vie, encore plus belle (à voir à 13h50 sur TF1) fait sa crise de la cinquantaine. Explications avec son interprète, l’ancien journaliste Jérôme Bertin.

Alors, comme ça, Patrick Nebout connaît une petite crise existentielle ?

Jérôme Bertin : D’abord, j’ai été totalement outré quand les auteurs ont écrit une intrigue sur la cinquantaine, me concernant, moi qui viens pourtant de fêter mes 35 ans et demi (il a 58 ans, ndlr). Sinon, c’est une étape assez marrante pour mon personnage. On a tellement l’habitude de le voir dans son costume de flic, ou de père de famille sérieux…

Comment cela se matérialise-t-il ?

Sa crise a commencé par une blessure narcissique. Lui, le champion de tir de son commissariat, il est pour la première fois battu, qui plus est par une gamine de 25 ans, en la personne de Morgane (Jade Pradin). Au départ, il fait comme si de rien n’était, mais cet événement déclenche une réflexion sur lui-même où il en est de sa vie. Il sombre dans une espèce de « déprimouille », se trouvant moche, trop enrobé, perdant confiance en lui. Mais ce moment est traité avec beaucoup d’humour. On est dans la pure comédie. Il se rend compte aussi que c’est peut-être le moment de faire ce qu’il ne s’est jamais autorisé auparavant. Son rêve d’adolescent était de pratiquer le surf. Il décide alors de se lancer.

On est plutôt sur du Kelly Slater, la légende, ou du Brice de Nice ?

Dans sa tête, c’est Kelly Slater. Dans la réalité, c’est Brice de Nice, ou Brice de Marseille, sans les mèches. En tournant la scène, on a rigolé comme des fous. Comme vous l’imaginez, je ne suis pas du tout, mais pas du tout, surfeur. En plus, l’eau était à 15 C°. Heureusement que j’avais une combinaison.

Comment réagit Babeth (Marie Réache), la femme de Nebout, par rapport à tout ça ?

Babeth est formidable. Elle comprend très vite la situation et décide de soutenir pleinement son mec. Elle va aller jusqu’à, elle-même, se mettre au surf. Mais un "petit con" de prof de surf va s’en mêler…

De votre côté, comment avez-vous géré votre passage à la cinquantaine ?

Victor Hugo disait que 50 ans est la jeunesse de la vieillesse. Ça, c’est quand je l’aimais bien, Hugo. Je l’aime beaucoup moins, maintenant. (Rires) Très franchement, je n’ai pas vécu cette période de manière négative. J’ai quitté Paris pour m’installer dans la Nièvre, au bord de la forêt, mon rêve depuis tout gosse. J’ai sacrifié beaucoup de choses pour le réaliser. Ça, c’est ma crise de la cinquantaine, qui est un peu solitaire par moments, mais que j’aime beaucoup, parce que ça me permet de faire ce dont j’ai envie.

Dans une récente séquence, en hommage aux résidents du Mistral disparus lors de l’effondrement du quartier, il était question d’Abdel Fedala, et donc indirectement de celui qui l’incarnait, Marwan Berreni, lui-même décédé l’année dernière. C’est surtout vous que l’on voyait très ému, derrière le personnage de Nebout…

On a tous été bouleversés par cette disparition. Il y a trois nuits de ça, j’ai encore rêvé de lui. Marwan, comme Michel (Cordes, lui aussi décédé en 2023), est toujours là pour les comédiens présents avant, comme pour ceux qui nous ont rejoints depuis. Ce tournage a été particulièrement émouvant.

Plus belle la vie, encore plus belle est à voir du lundi au vendredi à 13h50 sur TF1

Par
Frédéric Lohézic