Odile Vuillemin en tueuse en série sur France 2 : « J’ai eu l’occasion de visiter des détenues dans une prison »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:33
François LEFEBVRE/FTV/EPISODE PRODUCTIONS
INTERVIEW. Dans ce thriller psychologique en quatre épisodes, inspiré de faits réels, la comédienne incarne une mère de famille soupçonnée de plusieurs assassinats.

Vous jouez Isabelle Dubreuil, une fleuriste suspectée d’avoir tué au moins l’un de ses conjoints. Quel genre de femme est-elle ? 

Odile Vuillemin : Elle très difficile à définir. Je dois même avouer que, parfois, elle m’échappe. Il y a chez cette femme comme une dualité. Elle peut être charmante et avenante, puis froide et distante. Sans doute est-elle sujette à des élans pulsionnels qui trouvent leur source dans une fracture de l’enfance, et dont elle n’a pas conscience… 

L’histoire tourne autour de la confrontation d’Isabelle Dubreuil avec la capitaine Mathilde Delbosq, jouée par Joyce Bibring. Est-ce une situation inédite pour vous ? 

Pas vraiment. Dans Deux femmes, d’Isabelle Doval (diffusé le 6 septembre 2021, sur France 2, ndlr), j’étais déjà une femme accusée de meurtre, confrontée à une juge d’instruction, interprétée par Agathe Bonitzer. On peut dire qu’il y a une configuration assez similaire : deux femmes que tout oppose et qui vont s’entraider dans un élan de sororité… 

En quoi Isabelle peut-elle aider l’enquêtrice ? 

En tout cas, c’est ainsi que j’ai abordé mon personnage : Isabelle, fine psychologue, a identifié les fêlures de la capitaine de gendarmerie. Elle va en jouer, parfois, de manière brutale, voire sadique, pour tenter de la broyer. Ce faisant, elle va aussi l’aider à avancer, à mettre de l’ordre dans sa vie et à renouer avec ses proches.

"J’ai eu l’occasion de visiter des détenues dans une prison"

Isabelle Dubreuil présente une démarche d’automate, presque mécanique, et un regard glaçant. Comment l’avez-vous travaillé ? 

En réalité, j’ai longtemps étudié les sciences humaines. J’ai fait de la sociologie, de l’ethnologie et beaucoup de psychologie. J’aime aller fouiller dans les tréfonds de l’âme humaine. J’en ai conclu que cette femme devait dégager une grande froideur. J’ai été la chercher au fond de moi. On a tout en nous. Il suffit de choisir quelle partie nous voulons exploiter. Il y a une vertu cathartique dans l’acte de jouer. Ça permet d’explorer la part de ténèbres qu’il y a en nous. Quant au regard, j’ai eu l’occasion de visiter des détenues dans une prison. L’une d’elles avait des yeux si perçants, si glaçants qu’ils me hantent encore aujourd’hui. C’est peut-être cela que je suis finalement allée rechercher. 

"Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour faire le sale boulot"

Est-ce votre premier rôle de méchante à l’écran ? 

Oui, je trouve cela d’autant plus jouissif que je ne l’avais jamais fait. Je me suis énormément amusée à interpréter ce personnage. Il est tellement éloigné de moi que je pouvais m’y projeter, sans crainte de faire une confusion de personnalités. 

On vous retrouvera bientôt sur France 2, dans le rôle d’une mère infanticide. Auriez-vous décidément pris goût aux rôles de méchante ? 

J’ai tourné Signalements, un téléfilm d’Éric Métayer, sur la maltraitance infantile, tiré d’une histoire vraie, avec Cécile Bois. Je campe une mère fracturée, qui livre son propre enfant à un pédophile… Interpréter Isabelle Dubreuil était un amusement, incarner cette mère, un engagement. Il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour faire le sale boulot.   

Un soupçon, mercredi 16 octobre à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui