Meurtres à Bayeux (France 3) – Sara Mortensen : « La grossesse n’est pas une maladie ! »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:55
© Nathalie guyon - FTV
L’actrice incarne une capitaine de gendarmerie enceinte, menant l’enquête autour de la célèbre tapisserie de Bayeux. Entretien.

Qui est votre personnage ? 

Sara Mortensen : Clara Leprince, une capitaine de gendarmerie en poste à Caen, mais qui a été dépêchée dans la commune de Bayeux pour suppléer un collègue qui a eu un accident. Elle est confrontée à un meurtre mystérieux. Un riche Anglais a été retrouvé avec une flèche fichée dans l’oeil. Clara va être secondée par le lieutenant Vincent Clerc (interprété par Idir Chender). 

Son arrivée à Bayeux n’est pas sans conséquence… 

La jeune femme a grandi dans cette ville, et son retour va raviver chez elle des blessures anciennes.

Pour quelle raison l’enquête va-t-elle se centrer sur la tapisserie de Bayeux ? 

Cette broderie narrative raconte la conquête de l’Angleterre au XIe siècle par Guillaume le Conquérant. La flèche fichée dans l’œil de la victime évoque la mort du roi Harold, le rival de Guillaume, tué de cette façon lors de la bataille d’Hastings, en 1066. Un épisode que l’on retrouve dans la tapisserie. 

Clara Leprince mène l’enquête enceinte. C’est plutôt rare… 

Lorie Pester avait aussi joué une enquêtrice enceinte dans  Les Mystères de la duchesse (téléfilm rediffusé sur France 3, en octobre 2023, ndlr). C’est le parti pris des auteurs. On peut très bien travailler lorsqu’on est enceinte. La grossesse n’est pas une maladie. 

Le père de l’enfant est absent. Pourquoi ? 

Clara a décidé de faire cet enfant toute seule. Elle refuse de subir un quelconque patriarcat. D’ailleurs, au delà de l’enquête, ce téléfilm est une réflexion sur la place des femmes et sur leurs rapports avec les hommes. Il est en résonance avec les questions qui se posent aujourd’hui autour des violences morales et physiques dont elles peuvent être victimes. La réalisatrice Kamir Aïnouz, d’origine algérienne, avait déjà exploré ces sujets dans son film Cigare au miel (2020) 

Comme Guillaume le Conquérant, vous avez, par votre mère norvégienne, une ascendance viking. Quel héritage pourriez-vous revendiquer de vos racines nordiques ? 

Je tiens à l’égalité des sexes. Chez les Vikings, contrairement aux Latins, les femmes n’étaient pas cantonnées aux tâches domestiques. Elles pouvaient exercer les métiers de leur choix, voire être des guerrières. 

Vous êtes polyglotte. Vous parlez le norvégien et l’anglais.N’êtes-vous pas tentée par une carrière internationale ? 

C’est en cours… La série Astrid et Raphaëlle est vendue dans plus de 92 pays, dont l’Angleterre, les États-Unis et le Japon, où elle rencontre un très gros succès. J’ai fait beaucoup de promotion outre-Manche. Les choses se mettent doucement en place. Je ne peux pas en dire plus. 

Justement, où en êtes-vous avec la cinquième saison d’Astrid et Raphaëlle, sur France 2 ? 

Avec la grève des techniciens, nous avons pris du retard, mais nous achevons actuellement le tournage des quatre premiers épisodes, puis nous enchaînerons avec les quatre autres. Ce qui devrait nous amener jusqu’en mai. Pour patienter, les téléspectateurs auront droit au cross over avec la série Alexandra Ehle, dans laquelle Julie Depardieu joue un médecin légiste fantasque, sur France 3. Un 90 minutes tourné en septembre, qui s’annonce très drôle.   

Meurtres à Bayeux, samedi 24 février à 21h10 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui