Le crime lui va si bien (France 2) – Bruno Lochet : « Comédien n’est pas un métier de tout repos. Rien n’est jamais acquis »

Publié le 24 février 2023 à 16:48
© Philippe LE ROUX - RAMONA PRODUCTIONS - FTV
Barbe hirsute et cheveux en bataille, l’ancien membre des Deschiens donne corps à Anton Vargas, l’indic attachant de Gaby Molina. Entretien avec le comédien.

Ce soir, on retrouve Anton Vargas traqué par la Mafia. L’informateur de  l’inspectrice Molina (Claudia Tagbo) est devenu, au fur et à mesure, une figure incontournable de la série. Comment l’avez-vous composé ? 

Bruno Lochet : D’abord, il convient de rendre hommage aux auteurs, Stéphane Kaminka et Olga Vincent. Au départ, le rôle n’était pas aussi développé, et la direction d’acteur m’a laissé une certaine liberté. Je me suis inspiré d’un ami présentant un peu le même profil. Il a un physique à la Gabin, est affable mais marginal, habite dans un lieu insolite. Le genre de gars qui s’est un peu perdu en route. 

Quel regard portez-vous sur lui ? 

Anton est papa d’une gamine, peu présente, c’est pour elle qu’il continue ses magouilles. Au fond, Anton est lui-même resté un enfant dans l’âme, il en a gardé une part de poésie, même s’il trempe souvent dans des affaires pas très claires. Malgré ses bêtises et son activité d’indic, il a une naïveté qui me touche. C’est un personnage pour lequel j’ai beaucoup d’affection. 

Cette poésie, cette fantaisie, comment l’exprimez-vous ? 

J’improvise ! Il m’arrive de glisser des petits clins d’oeil à la vie. Dans une scène, on m’avait mis dans les mains un crucifix. Je n’avais pas de texte. J’ai regardé Jésus et lui ai dit : « Tu n’as pas l’air heureux, toi non plus. » Ça résume le personnage. 

Quels rapports entretient-il avec Gaby Molina ? 

Elle est un peu sa seule famille. L’inspectrice est comme une mère pour lui. Elle le tire souvent des situations compliquées dans lesquelles il s’est fourré et, parfois, elle doit le bousculer pour obtenir des informations. 

Après l’arrêt, en 2000, de la série Les Deschiens, sur Canal+, dont vous étiez l’un des personnages récurrents, vous avez connu une traversée du désert. Comment avez-vous vécu cette période ? 

Comédien n’est pas un métier de tout repos. Rien n’est jamais acquis. Il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut être désiré. Pendant trois ans, j’ai peu tourné. J’ai couru les castings. Je prenais tout ce que l’on me proposait, fallait bien faire bouillir la marmite ! C’est le réalisateur Jean-Louis Lorenzi qui m’a remis en selle avec La Tranchée des espoirs (2003). Il m’a ensuite fait tourner dans la mini-série Beauregard (2008). 

Aujourd’hui, les réalisateurs font plus souvent appel à vous… 

Je ne suis pas à plaindre. À la télévision, j’ai tourné un film pour Netflix, Cosmetic Valley, de Jérémie Rozan, puis un épisode du  Voyageur, avec Bruno Debrandt, pour France 3 (diffusé le 31 janvier, ndlr). J’ai aussi joué dans la série Killer Coaster (sur Prime Video), avec Alexandra et Audrey Lamy. Au cinéma, on me verra dans L’Astronaute, de Nicolas Giraud, avec Mathieu Kassovitz, Hélène Vincent et Jérémie Renier, qui sort le 15 février, et aussi dans Apaches, de Romain Quirot, la semaine suivante. 

À 63 ans, à quel genre de rôle aspirez-vous ? 

Je n’ai jamais eu de plan de carrière. En revanche, on aspire tous à des rôles qui vous élèvent. Moi qui suis un fan de Jean Gabin et de Michel Simon, je rêve de tourner un remake d’Un singe en hiver ou du Vieil Homme et l’Enfant. 

Le crime lui va si bien : vendredi 24 février à 21h10 sur France 2

INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI 

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