Jacob est-il coupable ? L’adolescent de 14 ans, incarné par Jaeden Martell, a-t-il poignardé son camarade de collège, Ben Rifkin, dans la petite ville cossue de Newton (Massachusetts), où son père, Andy (Chris Evans), est procureur adjoint, et sa mère, Laurie (Michelle Dockery), travaille dans une fondation pour les enfants défavorisés ? En huit épisodes, le scénariste Mark Bomback (La Planète des singes : L’Affrontement, La Planète des singes : Suprématie), inspiré par Defending Jacob, le thriller judiciaire du romancier et avocat américain William Landay, ménage un suspense qui ne faiblit pas une seconde, poussant le téléspectateur à s’interroger jusqu’au dernier moment. Tout comme les parents de Jacob !
Et c’est là tout l’intérêt de cette mini-série : nous questionner sur ce que l’on ferait si l’on se retrouvait dans une situation identique. Au départ, Chris Evans, connu et reconnu dans le monde entier pour le rôle du superhéros Captain America au sein de l’univers Marvel, avait donné son accord sur la simple lecture du script de l’épisode pilote. « C’était un peu intimidant d’y aller de cette manière, comme un acte de foi, en misant sur l’écriture à venir des sept autres épisodes. Heureusement, à chaque nouveau script reçu, je me disais à propos de Mark : “Ce mec sait vraiment ce qu’il fait.” » Pour l’acteur, 38 ans à l’époque du tournage, interpréter un parent à l’écran était une première. « J’ai adoré ça. Dire simplement à mon gosse : “Allez, Jacob, c’est le moment d’aller au lit. Extinction des feux à 22 heures”, ça m’a donné envie d’avoir des enfants. »
JAEDEN MARTELL, RÉVÉLÉ PAR LE FILM “ÇA”
Michelle Dockery, la comédienne britannique découverte avec le rôle de Lady Mary Crawley dans la série Downton Abbey, a rejoint le projet après Chris. « La clé pour interpréter Laurie, la mère de Jacob, c’était de marquer la différence entre les moments où ses émotions affleuraient et ceux où elle était dans le contrôle intégral. Il était important que son personnage ne soit pas en train de s’effondrer tout au long de l’histoire. J’adore les séries dramatiques, mais ce que j’aime particulièrement à propos de celle-ci, c’est qu’elle s’intéresse moins à qui est le coupable, qu’à l’effet dévastateur de la mise en accusation de Jacob sur sa cellule familiale. »
Si Chris Evans et Michelle Dockery sont impeccables dans leur rôle, l’intérêt de L’Affaire Jacob Barber repose sur la performance, tout en ambiguïté, du jeune acteur Jaeden Martell. Ce dernier a été révélé à l’écran en 2017, dans le film d’Andrés Muschietti, Ça, d’après le roman de Stephen King. « C’est sûrement le rôle le plus complexe que j’ai eu à interpréter, mais ma grande chance, c’est que le réalisateur, Morten Tyldum (Imitation Game, Passengers, ndlr), m’a laissé la liberté totale de décider si Jacob avait tué ou pas son camarade de collège. J’ai ainsi pu imaginer le passé que je voulais au personnage et créer l’enchaînement des événements qui ont abouti à ce fiasco et à la mise en accusation de Jacob. En fait, j’ai pris ma décision très en amont d’apprendre s’il était coupable ou pas, mais personne d’autre ne le savait. »
L’Affaire Jacob Barber, mercredi 6 mars à 21h10 sur TF1