HPI (TF1) – Cette grande actrice américaine qui a inspiré Morgane, le personnage d’Audrey Fleurot

Publié le 9 juin 2022 à 10:52
© NICOLAS GOUHIER / SEPTEMBRE PRODUCTIONS / ITINERAIRE PRODUCTIONS / TF1
La saison 2 est un nouveau carton historique. Nous avons rencontré Alice Chegaray-Breugnot, directrice artistique comblée et enthousiaste, qui nous a révélé quelques secrets de fabrication.

Une star est née ! 

« Nicolas Jean et Stéphane Carrié ont eu l’idée d’une enquêtrice HPI, consultante pour la police. Je suis arrivée ensuite pour créer le personnage de Morgane. Leur héroïne avait un profil Asperger. J’avais en tête un caractère plus lumineux. Mon père était HPI, et c’était un homme très fantasque. J’avais aussi à l’esprit Erin Brockovich, jouée par Julia Roberts dans le film de Steven Soderbergh. J’ai une grande affection pour les personnages un peu exaltés, avec une origine populaire, un côté irrévérencieux et décomplexé. Voilà comment est née Morgane, héroïne haute en couleur, qui renouvelle le traditionnel tandem de polar. »

L’audace d’Audrey Fleurot 

« Trouver la comédienne pour jouer Morgane était un sacré défi. J’avais en tête Julia Roberts ! C’est vraiment un rôle sur le fil. Avec une autre actrice, on aurait pu tomber dans le ridicule. Audrey a apporté une énergie incroyable et son humour irrésistible. Elle a immédiatement compris ce qu’elle pouvait faire. Elle s’est mise en danger, en cassant son image, et a fait un choix très courageux. À chaque fois qu’elle s’empare d’une scène, elle cherche à nous surprendre. HPI, c’est vraiment la rencontre d’un rôle et d’une comédienne. La série reposait sur cette alchimie. Comme Docteur House avec Hugh Laurie ! »

HPI attitude 

« En plus de mon expérience, j’ai presque tout lu sur le sujet. Pour la saison 1, j’ai rencontré des psychologues. Ils m’ont aidée pour la matière première du personnage. Il peut encore m’arriver de me renseigner sur une situation particulière. J’ai eu énormément de retours. Certains témoignages m’ont hyper touchée : une ado m’a écrit que, pour elle, avant, c’était très compliqué à l’école avec les autres, et que depuis qu’elle a dit qu’elle était HPI, comme dans la série, tout s’est calmé. Des psys m’ont confié que nous étions très cohérents sur le sujet. Le QI de 160 de Morgane est presque unique, puisqu’il n’en existerait que deux en France ! C’est pour ça qu’elle est si forte. Elle a un superpouvoir ! »

Une femme aux commandes 

« Les Américains utilisent le terme de showrunner, et nous, c’est plutôt directrice artistique. C’est une grande chance, pour une scénariste, de pouvoir accompagner son projet jusqu’au bout. Il y a une frustration quand on livre des textes à des réalisateurs qui n’ont pas forcément la même lecture. Le fait de suivre toutes les étapes, du tournage au montage, ça change tout. Cinq ou six scénaristes travaillent sur la saison, en binôme sur chaque épisode. Je bosse avec chacun des tandems. Ensuite, avec Julien Anscutter (il sera codirecteur de collection sur la saison 3, ndlr), nous finalisons les textes. Une saison, c’est un an d’écriture. »

“Policièrement correct” 

« Franck Martins, commandant à la DIPJ de Lille, est notre consultant police. Il est formidable, toujours de bon conseil. Et sa femme est médecin légiste, ce qui est très pratique. Il relit les scénarios et veille au réalisme des situations. »

Propos recueillis par Julien Barcilon 

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