Gwendoline Hamon (Cassandre) dénonce la demande douteuse d’un réalisateur à ses débuts : « Avait-il besoin de me voir en petite culotte ? »

Publié le 22 février 2025 à 10:10
© Nicolas ROBIN - France Télévisions
INTERVIEW. Le commissaire enquête sur un meurtre, avec un fond de violences sexuelles. Un fléau contre lequel Gwendoline Hamon, son interprète, est très investie.

Cet épisode s’ouvre sur une scène intime entre Cassandre et le capitaine Pascal Roche (Alexandre Varga). Que s’est-il passé ? 

Gwendoline Hamon : Cassandre et Roche, surpris par une tempête, ont trouvé refuge dans un hôtel. Ils font chambre commune. Une situation favorisant le rapprochement des deux policiers, qui éprouvent une attirance l’un pour l’autre, d’autant que le commissaire Cassandre a forcé sur le champagne. Mais un événement va interrompre ce tendre préambule, car le directeur de l’établissement va être assassiné. 

Nos héros sont soumis à un interrogatoire de leurs subordonnés, les lieutenants Marchand et Maleva (joués par Dominique Pinon et Jessy Ugolin). Pourquoi ? 

Cassandre et Roche se trouvent dans une situation où, légalement, ils peuvent être considérés comme des témoins, au même titre que les autres clients de l’hôtel. Et en plus, avec l’esprit embrumé par l’alcool, ils ne livrent pas la même version de cette soirée. C’était intelligent de la part des scénaristes de les placer dans cette position inconfortable et originale. 

Cet épisode tourne autour d’un sujet grave et d’actualité : le harcèlement sexuel dans le cadre professionnel… 

Il apparaît au cours de l’enquête que le directeur abusait de son pouvoir sur une jeune lingère, une réfugiée en situation irrégulière. Prisonnière de cette situation, elle n’avait aucun moyen légal de se défendre. Dans le monde du travail, il y a encore trop souvent un rapport de domination du fort sur le faible et certains supérieurs profitent de leur position. Le cinéma n’est pas épargné par ces pratiques, on l’a vu encore récemment avec la condamnation du réalisateur  Christophe Ruggia (qui a fait appel de cette décision du tribunal), agresseur d’Adèle Haenel, alors qu’elle était une adolescente.

"Je n’ai jamais été agressée, mais il m’est arrivé, quand j’étais plus jeune, d’être intimidée"

Avez-vous été confrontée à des comportements répréhensibles au cours de votre carrière ? 

On se bat beaucoup à travers l’association Pour les femmes dans les médias (PFDM) pour que cessent ces pratiques et qu’il y ait plus de femmes représentées dans la profession. Personnellement, je n’ai jamais été agressée, mais il m’est arrivé, quand j’étais plus jeune, d’être intimidée. J’ai un caractère assez fort, je ne suis pas du genre à subir. À 20 ans, je me suis retrouvée dans le bureau d’un réalisateur qui m’a demandé, pour un film d’époque, de me mettre en petite culotte et de profil afin de voir si j’étais assez cambrée pour porter ce que l’on appelle une robe « cul d’abeille », comme au XIXe siècle. Il ne m’a ni agressée, ni touchée, j’ignorais ses motivations, mais avait-il besoin de me voir en petite culotte pour juger de ma cambrure ? J’ai dit non et j’ai claqué la porte. Inutile de dire que je n’ai pas obtenu le rôle… 

Ça ne vous a pas empêchée de tourner dans des films d’époque, comme La Dame aux camélias (1997) ou Madame Sans-Gêne (2002). Vous en avez d’autres dans vos projets de tournage ? 

Aucun de prévu. Je vais tourner deux nouveaux épisodes de Cassandre, en mars et avril, puis un troisième en septembre et, enfin, je serai au Théâtre de la Michodière, à Paris, cet automne, dans La Jalousie, de Sacha Guitry.  

Cassandre, samedi 22 février à 21h05 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui