Qui est Frédéric Carel, le personnage que vous interprétez dans cette enquête policière ?
Nicolas Gob : Un capitaine de l’Office central de la lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique. À la suite de la mort suspecte d’un homme piqué par un essaim d’abeilles, Frédéric Carel est appelé à enquêter dans le village de son enfance avec Sara (jouée par Léa François, ndlr), son amie à l’époque du lycée, devenue cheffe de la gendarmerie locale.
Ce retour au bercail semble réveiller de vieux traumas chez le capitaine. Quelles en sont les raisons ?
Carel est l’un des deux rescapés d’un accident d’autocar qui a décimé, quelques années plus tôt, l’équipe junior de football de la commune. Parmi les victimes figurait le frère de Sara. Il se trouve aussi qu’Antoine Bernier, la personne tuée par les abeilles, était le second survivant, celui-là même qui, ce jour-là, lui a sauvé la vie en lui prodiguant les premiers soins.
Comment avez-vous abordé ce rôle de policier protecteur de l’environnement ?
En fait, cette fonction est reléguée en arrière-plan et sert davantage les besoins scénaristiques. Il n’empêche que ce rôle a été pour moi l’occasion de connaître un peu mieux l’apiculture. Je n’avais jamais approché de si près une colonie d’abeilles et j’avoue que, même si l’on est protégé par une combinaison avec voile, c’est assez impressionnant. Mais l’intérêt du rôle était d’incarner cet homme hanté par des visions d’horreur, tourmenté par les fantômes de son passé. Il fallait avancer par petites touches, et ça nécessitait beaucoup d’introspection. La direction d’acteur de la réalisatrice, Lou Jeunet, m’a beaucoup aidé. Elle souhaitait un travail tout en sensibilité et retenue.
À lire également
Un personnage avec sa fragilité, ses failles, bien éloigné du flic sûr de lui que vous campez dans la série L’Art du crime.
En effet, je montre une certaine vulnérabilité. Mais ce n’est pas la première fois que j’incarne des personnages torturés ou renfrognés, je l’avais déjà fait dans Un amour à taire (diffusé en 2005), Sa raison d’être (2008) ou dans la série Un village français (de 2009 à 2016). Il n’y a que récemment que l’on m’a demandé de jouer des personnages plus linéaires, moins tourmentés.
Justement qu’en est-il de L’Art du crime (France 2) ?
Nous avons tourné la sixième saison, et une septième est en préparation. Les prochaines enquêtes seront consacrées à Édouard Manet et au Norvégien Edvard Munch. Je ne peux rien vous révéler d’autre, si ce n’est que mon personnage, Antoine Verlay, et Florence Chassagne, incarnée par Éléonore Bernheim, continuent à se tourner autour, sans vraiment oser se déclarer.
À lire également
Vous enchaînez les rôles de policiers…
À mon avis, on n’a pas fini de me voir en flic. D’ailleurs, au printemps, j’ai tourné pour France 3 Le Meilleur d’entre nous, une mini-série en quatre épisodes avec Bruno Debrandt, dans laquelle je campe un officier de gendarmerie. Cette récurrence ne doit pas étonner. Il faut savoir que les films policiers se taillent une grosse part dans la production de fictions françaises.
De miel et de sang : samedi 1er octobre à 21h10 sur France 3
Interview Hacène Chouchaoui