Cimetière indien : Que nous réserve la nouvelle création originale de Canal+ ?

Publié le 7 avril 2025 à 12:40
ULRICH LEBEUF / MINTEE STUDIO / CANAL+
Passé et présent s’entremêlent dans ce thriller ayant pour point de départ le scalp d’un homme, en 1995. Une double temporalité pour laquelle rien n’a été laissé au hasard.

HISTOIRES PARALLÈLES 

Thomas Bidegain et Thibault Vanhulle, les créateurs et scénaristes de ce Cimetière indien, ont voulu raconter l’évolution des personnages et les transformations sociologiques d’un territoire à travers le dialogue entre deux époques. D’un côté, 1995, sur les traces de Lidia, flic antiterroriste missionnée pour enquêter avec Jean, vétéran de la guerre d’Algérie, sur le meurtre d’un imam scalpé ; de l’autre, le présent, avec Lidia devenue haut fonctionnaire qui cherche Jean, disparu brutalement alors qu’un nouveau scalp ébranle la ville.

UNE RÉALISATION SUR MESURE 

À l’écran, cette double temporalité a été traitée de manière subtile, pour être axée sur la sensation plutôt que sur l’évidence, précise Stéphane Demoustier (La Fille au bracelet, Borgo), le réalisateur des quatre premiers épisodes. « On ne voulait pas appuyer le trait, comme faire du sépia pour 1995, par exemple. Mais il y a quand même des techniques de filmage différentes. Pour les scènes actuelles, on est notamment immergé dans l’action grâce à une caméra portée. » Contrairement à Farid Bentoumi, qui a tourné la fin de la série en changeant parfois chaque jour d’époque, Demoustier a d’abord mis en boîte les séquences de 1995. « Il a eu raison, car ça nous a permis de nous habituer aux masques », souligne Mouna Soualem, alias Lidia. 

L’IMPORTANCE DU MAQUILLAGE 

Pour que la transformation soit complète, cinq heures de maquillage et des fines prothèses de visage ont été nécessaires pour vieillir les acteurs. « Et près d’une heure pour tout enlever à la fin de la journée ! », sourit Mouna Soualem, qui a aussi minutieusement travaillé sa voix et ses postures. « Lidia a une liberté de mouvement quand elle est jeune, têtue et tête brûlée, mais une forme de rigidité dans le corps, liée à sa maturité et à son autorité naturelle, lorsqu’elle est plus âgée. » Autant de nuances qui lui ont donné l’impression de jouer deux personnages dans des séries différentes ! 

Cimetière indien, lundi 7 avril à 21h10 sur Canal+ 

Par
Pauline Hohoadji