« C’est un métier que je n’aurais jamais pu faire » : Marilou Berry se livre sur son rôle de juge dans Marianne (France 2)

Publié le 4 janvier 2024 à 14:15
François LEFEBVRE
À partir du 10 janvier, Marilou Berry est de retour avec la saison 2 de Marianne, sur France 2, où la comédienne incarne une juge d’instruction un peu excentrique. Un personnage inspiré de la réalité, mais qu’elle a façonné selon ses désirs.

Vous nous disiez que le succès de la série Je te promets, sur TF1, avait changé beaucoup de choses pour vous. Qu’en est-il de Marianne, dont la nouvelle saison débute, sur France 2 ?

Marilou Berry J’ai dit ça ? C’est marrant, je ne m’en souviens pas. Ma vie n’a pas changé, mais quand on passe à la télé et que l’on a un succès, ce qui change, c’est qu’on vous reconnaît dans la rue… Moi, j’ai pris beaucoup de plaisir à fabriquer le personnage de la juge d’instruction Marianne Vauban. Je l’ai voulue légère, rebondissante, positive. Elle dégage de la joie de vivre. J’attends de voir si le public sera de nouveau présent (la saison 1 a rassemblé 3,1 millions de téléspectateurs en moyenne, ndlr), et là, je saurai si j’ai atteint la cible et, surtout, touché les gens. C’est pour ça que je fais ce métier.

Marianne Vauban est juge d’instruction. Il y en a près de six cents en France. Qu’est-ce qui vous a étonnée dans son travail et dans son quotidien ?

Juste avant de tourner dans la série, j’ai eu la chance d’être désignée comme jurée d’assises pour une affaire sans violence concernant quinze braqueurs, des bras cassés qui avaient détourné un camion de fret. Cela a duré trois semaines. J’ai vu des magistrats de près, leur fatigue, les poches sous les yeux… Il y a quelque chose de religieux dans leur dévotion à ce qu’ils font, comme des bonnes sœurs. Je le dis tout net : c’est un métier que je n’aurais jamais pu faire. Ces gens doivent savoir une masse de choses considérable. Il y a une vraie folie dans leur quotidien. Un magistrat est confronté à tout : à des ultra-riches, des ultra-pauvres, à des tueurs en série comme à des Tanguy, qui n’arrivent pas à partir de chez leurs parents… Dans la série, on essaie de montrer tout ça, notamment avec les affaires de justice que Marianne instruit à son bureau avec son greffier, Yves (joué par Stéphane Pezerat).

Comment le personnage de Marianne évolue-t-il dans ces six nouveaux épisodes ?

On la suit beaucoup plus dans sa vie personnelle. Elle va accueillir chez elle Zacharie (Drimi Gouttebel-Mahamat), le gamin dont la mère avait été assassinée dans la première saison. Une affaire qu’elle n’a pas pu résoudre, malgré ses promesses, ce qui la fait culpabiliser. La mère de Marianne va aussi débarquer.

Votre personnage est inspiré d’une juge d’instruction belge, Anne Gruwez, révélée au grand public dans Ni juge, ni soumise, César du Meilleur film documentaire en 2019. Dans la série, elle a été rebaptisée Marianne Vauban, un prénom et un nom pas anodins, qui renvoient aux idées de la République et de forteresse. Avez-vous eu votre mot à dire ?

Non, pas vraiment. Là où j’interviens, c’est dans la création du personnage à l’image, son incarnation, sa coiffure, ses vêtements, sa façon de parler… Je lui ai inventé un phrasé particulier, modulé pour qu’il soit toujours présent dans la saison 2, sans être trop envahissant. Je m’approprie aussi les dialogues, en y ajoutant ma touche. L’allure de Marianne a aussi évolué. Elle est détachée de tout ce qui est mode. On voulait qu’elle ait un côté intemporel, que sa silhouette rappelle celle de femmes que l’on croise tous les jours. Il y a les personnages qui font fantasmer le public, et ceux qui lui ressemblent. C’est clair, les personnages que j’incarne ressemblent à celles et ceux qui regardent les films et les séries.

L’interview de Marilou Berry est à lire en intégralité dans le nouveau numéro du magazine Télé 7 Jours disponible dans les kiosques dès ce lundi 8 janvier.

Par
Frédérick Rapilly