« L’Amiral », surnom donné à votre personnage, est en réalité un ancien capitaine de frégate. Entre capitaines, les étincelles sont à craindre…
Jacques Bonnaffé : On peut y voir un clin d’oeil, une blague de la part des auteurs, pour encourager les deux personnages à se prendre le bec.
Comment expliquez-vous son côté acariâtre ?
Ce fort caractère a besoin de se dévoiler, mais n’y arrive pas, se sentant obligé de garder un secret. Sa raideur, ou sa maladresse, vient de ce qu’il vit sur un déni. Il a en tout cas des difficultés à se libérer de quelque chose… Il n’y a pas de mal à faire preuve d’autorité, mais la sienne ne s’exerce pas toujours à bon escient.
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Ne trouvez-vous pas qu’il rappelle un peu L’Homme du Picardie (feuilleton de la fin des années 60, dont le héros, incarné par Christian Barbier, était un batelier) ?
C’est vrai, il a ce côté introverti, persuadé, à tort, que son silence va beaucoup parler à l’extérieur, que les gens comprendront bien. C’est une jolie comparaison avec cette espèce de bourru attachant qu’était l’homme du Picardie.
Sinon, aviez-vous déjà croisé Corinne Masiero ?
On a fait de la scène ensemble, il y a environ quatre ans, à Lille. En fait, on est tous les deux originaires de Douai. Il est émouvant de se dire que nous avons eu les mêmes professeurs de théâtre, à quelques années d’écart. Parmi eux, une certaine Bernadette, récemment décédée. Cette femme a beaucoup compté dans la décision de Corinne de faire de la scène, elle qui était récalcitrante, au départ, simplement venue accompagner une copine au centre d’animation culturelle.
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Vous avez été récompensé plusieurs fois aux César et aux Molières. Mais les gens savent-ils que vous avez été la voix française de Kevin Spacey dans le film Usual Suspects ?
C’est marrant, car, parfois, dans la rue, certains se retournent et, après un temps de réflexion, me demandent : « T’as pas joué Keyser Söze ? »
Capitaine Marleau, mercredi 17 décembre à 21h10 sur France 2