Capitaine Marleau (France 2) – Anouk Grinberg : « On se connaît depuis des années avec Corinne Masiero… »

Publié le 2 avril 2021 à 14:53
© Jérôme PRÉBOIS - FTV - PASSIONFILMS
Ce vendredi soir sur France 2, Anouk Grinberg se glisse dans la peau d’une femme meurtrie, mais digne, face à la mort de son fils... Entretien avec la comédienne.

Comment avez-vous vécu ce tournage, réalisé l’été dernier dans le Vivarais, en Ardèche ? 

Anouk Grinberg : Comme une parenthèse enchantée. Les paysages étaient d’une beauté incroyable et nous vivions dans une espèce de manoir, qui nous faisait tous rêver. Du matin au soir, c’était délicieux, sympa, rigolo… 

Vous jouez une certaine Roxane. Un nom qui peut rappeler Cyrano de Bergerac, pour une passionnée de théâtre comme vous… 

J’avoue ne pas y avoir pensé. Ma Roxane est une maman, triste et silencieuse, qui a perdu son enfant et à qui l’on n’a pas dit la vérité sur les circonstances de sa mort. Il ne fallait pas, non plus, que je m’enfonce trop dans le drame. On est quand même dans une série ludique. 

Roxane clame qu’elle veut rester seule, avec sa peine et sa colère. Pourquoi, selon vous ? 

Quand les gens prétendent vous aider en continuant de vous mentir, il vaut mieux être seul. Roxane n’accepte pas même l’aide de son frère (Olivier Gourmet, ndlr). Parfois, ceux qui désirent vous protéger vous fragilisent. Alors, Roxane se réfugie dans le silence, tel un roc.

Vous êtes aussi connue pour vos indignations publiques, à l’image de Corinne Masiero… 

On se connaît depuis des années avec Corinne, on est très amies. Comme avec tous les gens dont on partage les fondamentaux, on ne parle pas que de ça. On a plein d’autres sujets de discussion. Dans ce genre de relation, tout est riche et tout est simple. 

Votre rencontre avec l’avocate Gisèle Halimi, disparue le 28 juillet dernier, a dû être riche aussi. Vous l’interprétiez dans le téléfilm Le Procès de Bobigny (2006), où elle plaidait pour la dépénalisation de l’avortement… 

On s’est immédiatement adoptées. Elle n’avait peur de personne et a fait plier l’État, la justice. Elle s’est arrachée à sa condition très modeste, sans esprit de vengeance, en construisant un monde meilleur pour les femmes… et les hommes. Pour un acteur, c’est formidable de jouer des gens fragiles, mais c’est aussi passionnant d’interpréter des gens solides, comme Gisèle Halimi. Une femme très cash, et en même temps très humaine dans sa façon de voir la vie. 

Sans théâtre ni cinéma, vos fans peuvent néanmoins écouter votre voix grâce à un livre audio, La Vagabonde, de Colette. Vous sentez- vous l’âme d’une vagabonde ? 

Pas uniquement l’âme. Je passe ma vie dans des trains, des hôtels pour jouer partout en France. Et quand on passe beaucoup de temps à essayer d’être un autre, on est un peu vagabond par rapport à soi-même. Le texte de Colette décrit avec charme et intelligence la beauté, comme les petites misères, de ce métier. Ça parle aussi de l’amour, un peu raté, mais dont on a quand même besoin. 

Capitaine Marleau : vendredi 2 avril à 21h05 sur France 2

Interview Frédéric Lohézic 

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