Dans quelles circonstances votre personnage se retrouve-t-il à collaborer avec le capitaine Téva Royer (Christopher Bayemi) ?
Juliette Plumecocq-Mech : Oriane Girard est une commandante de police en quête d’un binôme, pour le compte d’un nouveau service qu’elle vient de créer, en liaison avec le SRPJ de Lyon. Ce bureau va s’occuper des affaires sur lesquelles flotte un parfum de surnaturel. On lui a conseillé Téva Royer, policier d’origine guyanaise doué de facultés extra-sensoriels.
Quel genre de femme est-elle ?
Une solitaire à l’esprit très cartésien, mais en même temps curieuse et ouverte. Oriane est assez pudique dans ses sentiments. On sait également qu’elle a une compagne et qu’elle est très attachée à l’enfant de celle-ci.
Comment va se passer sa rencontre avec Téva Royer ?
Elle va le mettre à l’épreuve et se rendre très vite compte de son efficacité. Téva est aussi déroutant que rationnelle. Finalement, le binôme va s’avérer très complémentaire.
Accordez-vous beaucoup de crédit au surnaturel ?
Je viens d’une famille de mathématiciens et d’ingénieurs, un milieu très cartésien. J’ai besoin de comprendre pour accepter les choses. Je suis un doux mélange, à la fois rationnelle et rêveuse. Toutefois, je suis assez superstitieuse. Je ne passe pas le sel sans le poser sur la table et, au théâtre, j’évite la couleur verte et le mot « corde ».
Votre jeu fait penser à Clint Eastwood. Vous aurait-il inspirée pour incarner ce personnage de commissaire ?
En effet, il fait partie de mes références, avec Frances McDormand dans Fargo et Jodie Foster dans la série True Detective, que ce soit dans la façon de marcher, de retirer mes lunettes, d’observer.
Le public vous a découverte assez tardivement. Comment l’expliquez-vous ?
J’ai trente-cinq ans de carrière au théâtre. Ça me laissait peu de temps pour tourner. Je suis très heureuse d’être passée à l’image. On m’a fait très vite confiance. L’année dernière, j’ai enfin décroché un premier rôle, dans Meurtres à Nîmes (France 3).
Depuis, vous n’avez cessé d’enchaîner les tournages…
L’an dernier, j’ai participé à douze tournages. Une folie ! J’ai tourné, entre autres, Un dimanche de chasse, avec Raphaël Lenglet, pour France 3, j’ai enchaîné avec Surface, une série pour France 2, avec Laura Smet et Tomer Sisley. J’ai fait une participation dans la série de Canal+ Sud Est. J’ai eu des scènes magnifiques avec Isabelle Adjani dans la série de Netflix Qui sème le vent. J’ai la chance de vivre une époque où l’on propose davantage de rôles aux femmes de plus de 50 ans.
Votre physique androgyne a-t-il été un atout ?
Quand des réalisateurs ou des réalisatrices veulent travailler avec moi, mais qu’ils ne me trouvent pas de rôle, je leur conseille de regarder du côté des personnages masculins. Dans Coup de chance, de Woody Allen, le personnage du détective devait se nommer Joseph, il est devenu Joséphine et dans César Wagner, l’aubergiste s’est transformé en une aubergiste.
Que faites-vous quand vous ne tournez pas ?
Je me retire dans ma maison en Bourgogne où je consacre mon temps à jardiner, à bricoler et à cuisiner de bonnes confitures… Je n’aime pas l’oisiveté, mais je demeure une hédoniste.
À l’instinct, vendredi 13 juin à 21h10 sur France 2