Votre personnage, le capitaine Téva Royer, a un profil assez atypique. Pourriez-vous nous rappeler l’origine de ses facultés extrasensorielles ?
Christopher Bayemi : Lorsqu’il était enfant, Téva s’est égaré dans la jungle guyanaise et a survécu plusieurs mois en développant son instinct au contact de la nature. Il n’y a rien d’exceptionnel. À l’origine, je pense que les hommes avaient tous cette sensibilité, mais ils l’ont perdue au fil du temps. On la retrouve encore chez les gens qui vivent en connexion permanente avec la nature.
Téva Royer est adepte de la non-violence et fait preuve d’empathie. On est loin du policier implacable et brutal que vous interprétiez sur TF1 dans la série Luther…
Exact. On pourrait imaginer que Téva est un Luther qui, quelques années plus tard, aurait été touché par la grâce et aurait entamé sa rédemption. (Rires)
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L’épisode de ce soir nous plonge dans l’univers de la culture haïtienne, notamment du vaudou. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
C’est une pratique qui touche particulièrement Téva Royer de par ses origines guyanaises. Le vaudou trouve ses racines en Afrique, mais il s’est largement développé dans les Caraïbes et en Guyane. Au Cameroun, pays dont je suis originaire, ces rituels de magie de protection existent également, mais sous d’autres noms.
Qu’est-ce qui fait le succès de cette série, selon vous ?
On y parle de nature et d’empathie, des sujets actuels. D’autre part, on ne verse pas dans le sensationnel. Si la série aborde des croyances et des pratiques qui semblent relever de l’occultisme, elles trouvent toujours des explications scientifiques. Dans le cas de la zombification, elle est due à un empoisonnement à la tétrodotoxine, une molécule qui donne à celui qui l’absorbe l’apparence de mort clinique.
Le binôme que Téva forme avec la commandante Oriane Girard (Juliette Plumecocq-Mech) est complémentaire. Quel est le ressort de cette relation ?
Ce sont deux solitudes aux parcours différents. Chacun la vit à sa façon. Téva est ouvert sur les autres, tandis qu’Oriane est pudique et plus renfermée. On apprend, au fil des épisodes, des bribes de leur passé douloureux. Oriane a été championne de course à pied avant d’être victime d’une terrible chute lors d’une intervention.
Un épisode qui vous renvoie à votre propre vécu…
En effet, avant d’entamer ma carrière d’acteur, je me destinais à devenir athlète de haut niveau. Je réalisais de bonnes perfs au saut en longueur. J’avais même intégré l’équipe de France junior. Une blessure au genou a tout remis en question, et je me suis alors lancé avec passion dans le théâtre.
Bien que vous ayez incarné deux héros récurrents, vous tournez peu pour la télé. Pourquoi ?
Je me consacre beaucoup au théâtre. J’aime ce contact direct avec le public et l’adrénaline que cela procure. Et puis, je privilégie les projets en accord avec mes valeurs. Je viens de terminer les représentations de Passeport, une pièce d’Alexis Michalik, au Théâtre de la Renaissance à Paris, et qui a pour thème la « jungle » de Calais et le sort des migrants.
À l’instinct, vendredi 20 juin à 21h10 sur France 2