Vous incarnez Gabriel Benoit, un scientifique français co-inventeur, avec Nemo, du Nautilus. Quel genre d’homme est-il ?
Thierry Frémont : Une espèce de mathématicien génial. Un humaniste en avance sur son temps, qui croit aux vertus positives de la science.
Dans votre personnage, n’y aurait-il pas un peu de Jules Verne lui-même ?
Tout à fait ! C’est d’ailleurs ainsi que j’ai abordé le rôle. J’ai pensé à lui et à nulle autre personne. C’était le désir de l’un des producteurs, Xavier Marchand, lui-même ancien polytechnicien. Il souhaitait que ce personnage soit joué par un acteur français. Une manière de rendre hommage, à travers l’écrivain, au génie tricolore qui souffla sur la fin du XIXe siècle. N’oublions pas que ce sont les Français qui ont inventé la photo, le cinéma, l’automobile et l’aviation. Je précise que je n’étais pas le seul acteur francophone, il y avait également Cécile Menville, absolument formidable dans le rôle de Loti, la gouvernante de choc.
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La série s’inspire de Vingt mille lieues sous les mers. Qu’est-ce qui vous a plu ?
C’est une odyssée humaniste pleine d’action et de rebondissements, une ode à l’aventure et à la nature, permettant d’aborder des thématiques modernes, comme l’écologie. Benoit s’oppose par exemple à des chasseurs de cachalots. L’égalité hommes-femmes : Humility Lucas (Georgia Flood), brillante ingénieure, fuit enfin, l’anticolonialisme : Nemo (Shazad Latif) est un prince indien dont la famille a été massacrée par les troupes d’occupation britanniques.
Thierry Frémont évoque le tournage de Nautilus
Comment le tournage s’est-il déroulé ?
On a travaillé pendant un an, en partie dans un gros studio australien, The Village Roadshow, situé dans l’État du Queensland. L’un des hangars possède une piscine géante qui permet d’immerger de nombreux décors. C’était idéal pour les séquences sous-marines. Nous avons aussi tourné en extérieur, sur des îles magnifiques. Une deuxième saison n’est pas exclue en cas de succès d’audience. Ce qui ne serait pas pour me déplaire…
Jouer en anglais a-t-il été une difficulté pour vous ?
Pas du tout. Je suis très à l’aise avec la langue de Shakespeare. Et ce n’est pas ma première collaboration avec les Américains. J’avais déjà tourné dans Femme fatale, de Brian de Palma, sorti en 2002, et Alliés, de Robert Zemeckis, en 2016.
Cette année, vous n’aurez pas seulement brillé sous les mers, mais sur les planches aussi. La pièce Le Repas des fauves a rencontré un énorme succès. Comment l’expliquez-vous ?
Le rôle m’a valu une nomination aux Molières. Cette pièce de Vahé Katcha, mise en scène par Julien Sibre, brosse un portrait au vitriol de l’humanité et montre jusqu’où certains sont prêts à aller pour sauver leur peau. Nous partirons en tournée en janvier, avant de revenir au Théâtre Hébertot, à Paris, en septembre 2025.
Et côté cinéma ?
Entre mai et juillet, j’ai tourné La startup, une comédie loufoque et décalée de Gilles Graveleau. C’est une satire intelligente de notre société. La sortie est prévue pour le printemps 2025. En attendant, je souffle un peu.