Joy est une ancienne gloire du porno, sans pour autant être hypersexualisée à l’écran. C’est ce qui vous a plu ?
Sabrina Ouazani : Bruno Merle, le réalisateur et coscénariste, a ce talent de ne pas tomber dans les écueils. Quand mon agent m’a parlé du projet, j’étais curieuse de voir ce que ça allait donner. En lisant le scénario, j’ai adoré suivre ce personnage vulnérable et pudique. Avec elle, on évoque la pression de la société sur la beauté et le besoin d’être désirable.
Extra-lucide aborde également la thématique du monstre et celle de la transmission…
À travers ce prisme de la télépathie, cadeau finalement un peu empoisonné, la série renvoie à l’enfance, aux fausses croyances, à l’amitié, à la question de la part d’ombre en nous et de comment s’en détacher ou l’accepter.
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Qui auriez-vous envie de sonder si vous possédiez ce don ?
On évolue déjà tellement dans un monde cruel, que je ne crois pas que j’aurais envie d’aller chercher ce que les autres pensent de moi ! Je serais tentée de répondre que j’irais sonder mes parents pour voir s’ils sont fiers de moi. Mais, en réalité, je préfère respecter leur jardin secret.
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Le pouvoir de Denise est une intrusion dans l’intimité de l’autre. Comprenez-vous le malaise ressenti par certaines personnes qu’elle sonde ?
Oui, car je l’ai vécu, d’une certaine façon, avec des journalistes qui veulent tellement entendre « la » phrase choc, qu’ils vont un peu trop loin. Il y a quelques mois, une reporter m’a demandé pourquoi, à 36 ans, je n’étais toujours pas maman et si je n’avais pas l’impression d’être passée à côté de ma vie. Je lui ai demandé si elle aurait posé la même question à un homme. Elle m’a assuré que oui, car elle était « hyper féministe ». Réponse de merde. Ça m’a mise en colère parce qu’elle ne sait pas où j’en suis dans ma vie, si je veux des enfants ou non, si je peux en avoir ou pas. Et ça ne la regarde même pas, en plus !
Extra-lucide, mardi 18 novembre à 20h50 sur OCS