Salade grecque (France 2) – Cédric Klapisch : « Après trois films, j’avais le sentiment d’avoir épuisé le personnage deromain Duris »

Publié le 14 août 2024 à 21:33
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INTERVIEW. Après L’Auberge espagnole (2002), Les Poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013), Cédric Klapisch passe au format série et met à l’honneur les enfants de ses personnages fétiches dans cette création diffusée l’année dernière sur Prime Video.

Vous représentez une jeunesse d’aujourd’hui très engagée, à l’opposé de celle du film L’Auberge espagnole… 

Cédric Klapisch : C’est assez fou de revoir L’Auberge espagnole, car on se rend compte à quel point les années 2000 étaient une espèce de bulle de savon, faite d’enthousiasme et d’insouciance. Les jeunes d’aujourd’hui sont plus engagés : dans l’écologie, le féminisme, l’antiracisme, mais aussi pour leur avenir et leur rapport au travail. On a vu des lycéens et étudiants manifester contre la réforme des retraites. Ils sont beaucoup plus concernés que les générations précédentes. 

Pourquoi avoir choisi Athènes comme décor ? 

Cette ville représente à la fois le présent et le passé de l’Europe. Le passé pour la vieille Athènes, l’acropole, l’invention de la démocratie, la philosophie… L’histoire européenne est liée à celle de la Grèce. Concernant le présent, la crise économique a frappé tout le monde, mais plus encore ce pays. Sans parler de ce côté frontière européenne. Il y avait quelque chose qui était très représentatif dans Athènes. 

"Je n’avais plus rien à dire sur Xavier"

Plutôt que de proposer un nouveau chapitre de la vie de Xavier (Romain Duris), vous mettez en scène ses deux enfants. Pourquoi ? 

Car je n’avais plus rien à dire sur Xavier. Après trois films, j’avais le sentiment d’avoir épuisé ce personnage. Je me suis dit que c’était plus intéressant de suivre ses enfants, Tom (Aliocha Schneider), 26 ans, et Mia (Megan Northam), 22 ans, et de comparer les deux générations. Ils ont le même âge que Xavier quand il est parti à Barcelone, dans le premier fi lm. On a vu le père sortir en boîte, rencontrer sa femme, Wendy (Kelly Reilly), avoir des enfants… Maintenant, c’est leur tour. J’ai aimé ce côté « saga ». 

"L’agent de Kelly Reilly ne voulait pas qu’elle accepte Salade grecque"

Romain Duris, Kelly Reilly, Cécile de France et Kevin Bishop reprennent leur rôle. Ont-ils accepté tout de suite ? 

Oui, j’étais d’ailleurs étonné ! Je me suis dit qu’ils seraient peut-être réticents à l’idée de ne plus être sur le devant de la scène. Après coup, je crois qu’ils n’auraient pas pu dire non, en fait. Kelly Reilly tournait la série Yellowstone à ce moment-là. C’était compliqué pour elle de faire des allers-retours entre l’Europe et les États-Unis. Son agent ne voulait d’ailleurs pas qu’elle accepte Salade grecque. Elle lui a répondu qu’il ne pouvait pas comprendre, mais qu’il fallait qu’elle le fasse. Cette histoire fait tellement partie de notre vie que ça dépasse le simple film. 

Salade grecque, mercredi 14 août à 21h10 sur France 2

Par
Camille Sanson