En 1997, après une première victoire, un an plus tôt, face à Deep Blue, Garry Kasparov accepte d’affronter à nouveau cette surpuissante machine. Là encore, le champion du monde russe dispose de six parties pour vaincre une version encore plus performante de l’ordinateur d’IBM. Fascinants duels entre la technologie et l’homme, ces matchs ont laissé une empreinte indélébile chez le producteur indépendant français Bruno Nahon. « J’avais 22 ou 23 ans, et c’était les débuts d’Internet. Mon université avait une pièce avec quatre ordinateurs connectés… À l’époque, les matchs d’échecs étaient diffusés en mondo vision, comme les visites du pape. J’ai senti qu’il se passait quelque chose d’énorme, et ça n’a jamais quitté mon esprit », avoue celui qui a fait appel au scénariste français André Gulluni et à l’acteur, auteur et réalisateur québécois Yan England pour écrire la série Rematch. « Nous avons travaillé dessus pendant six ans, mais j’avais cette idée en tête bien avant l’IA et la série Le Jeu de la dame, de Netflix », précise celui qui, en découvrant les quarante premières pages du scénario, a finalement décidé de transformer son film en série.
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AUX FRONTIÈRES DU RÉEL
« Écris la série que tu veux », a précisé Bruno Nahon à Yan England, en lui confiant ce projet en six épisodes (un pour chaque partie). Seul mot d’ordre, « garder l’essence de la vérité et des personnages ». Pour le producteur, il était important de raconter le génie de Garry Kasparov (incarné par Christian Cooke), sans occulter ses travers, comme son arrogance. « Si un détail n’était pas présent dans la vraie vie, on ne le mettait pas dans la série. Quand Garry fait des pompes, c’est parce qu’on l’a vu en faire dans un documentaire datant d’une quinzaine d’années », détaille Yan England, qui a aussi réalisé la série. Seul le personnage d’Helen Brock, la responsable du dépar tement Recherche et Développement d’IBM, jouée par Sarah Bolger, a été inventé pour « représenter la machine IBM ».
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Si Garry Kasparov n’a pas été consulté, pour laisser à l’équipe sa liberté de création, les auteurs ont fait de nombreuses recherches pour recréer ce match et un superordinateur, à partir de photos d’IBM. « Nous avons juste ajouté quelques éléments, car nous voulions que la machine ait un coeur », révèle Yan England, avant de saluer le travail de recherche de son co scénariste André Gulluni, qui est « capable de tout trouver ». « Il a réussi à dénicher la seule copie qui existe dans le monde d’un magazine d’échecs ! Elle a été centrale dans le développement de la série », ajoute Bruno Nahon.
Enfin, tous les coups montrés à l’écran sont bien ceux que Garry Kasparov et Deep Blue ont exécutés à l’époque. « Les comédiens se sont d’ailleurs beaucoup entraînés pour être crédibles", précise Tom Austen, qui joue l’un des grands maîtres d’échecs engagés par IBM afin d’épauler PC (Orion Lee), le créateur de Deep Blue. « Les mains dansent au-dessus de l’échiquier… Nous savions que des joueurs allaient regarder, il fallait donc que les gestes soient reproduits correctement. »
Rematch, jeudi 17 octobre à 20h55 sur Arte