France 2 a choisi la fiction pour commémorer, à sa façon, le dixième anniversaire des attentats de Paris 2015. La chaîne diffusera en effet, à partir du 3 novembre, Des vivants de Jean-Xavier de Lestrade avec Alix Poisson, Benjamin Lavernhe, Felix Moati ou encore Antoine Reinartz. Une série en 8 épisodes qui suit 7 "Potages" (un mot mélangeant "pote" et "otages"), tous rescapés de la tuerie du Bataclan.
Une série tournée en partie au Bataclan
Racontant un drame encore douloureux pour de nombreux Français, Des vivants a été tourné en partie dans certains des vrais lieux liés à cette attaque. Dans sa note d’intention, le créateur et réalisateur de la série explique avoir cherché, de manière un peu "obsessionnelle", "cet endroit qui se trouve entre la fiction et le documentaire". "Contrairement à d’autres séries que j’ai pu réaliser (…) je suis convaincu que nous avions l’obligation morale de tourner certaines séquences sur les lieux mêmes des évènements. Sur le Boulevard Voltaire, dans le passage Amelot, devant le Bataclan et dans le Bataclan, au Palais de Justice dans la vraie salle d’audience du procès, au Panthéon… Dans notre volonté de construire un imaginaire collectif et mémoriel autour des attaques du 13 novembre, il m’a semblé indispensable de rester au plus proche de certains lieux emblématiques, comme nous restons au plus proche de nos personnages", ajoute ainsi Jean-Xavier de Lestrade.
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Pourquoi le tournage de Des vivants choque des victimes
Mais la décision de Jean-Xavier de Lestrade de tourner au Bataclan n’est pas appréciée par tout le monde, et en particulier par certaines victimes de l’attentat. Interrogé par la radio ICI ce lundi, Arthur Dénouveaux, le président de l’association Life for Paris, a regretté ce choix et clamé qu’il s’agissait, pour lui, d’une "mauvaise idée". "Ce n’est pas nécessaire, il y a moyen d’aller tourner dans d’autres salles à Paris qui ont les mêmes sièges rouges (…) Personne n’irait tourner où se sont déroulés les faits horribles qui ont été commis contre Gisèle Pelicot", a-t-il poursuivi en affirmant que "la frontière entre fiction et réalité était brouillée". "Ça ne me parait pas sain (…) et ça peut choquer profondément les victimes qui considèrent que le Bataclan est soit l’endroit où elles ont failli mourir, soit où leurs proches sont morts donc on ne peut pas aller y refaire les choses (…) La frontière entre fiction et documentaire doit rester une frontière étanche au risque de susciter des réactions très compliquées, à la fois je pense pour les victimes mais aussi potentiellement pour le spectateur", a-t-il conclu.