Nicolas Duvauchelle évoque le tournage de Fortune de France : « J’ai été coaché par le maître d’armes du film Les Trois Mousquetaires »

Publié le 23 septembre 2024 à 8:10
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INTERVIEW. Après avoir combattu le fanatisme islamiste en Iraq dans la série Coeurs noirs, le comédien est dans cette saga un seigneur huguenot happé par la guerre de Religion, opposant catholiques et protestants. 

Vous incarnez Jean de Siorac, un heureux compromis entre le chevalier Bayard et Ambroise Paré, deux personnages qui ont marqué le règne de François Ier. Peut-on dire qu’il est l’archétype de l’homme de la Renaissance ? 

Nicolas Duvauchelle : Tout à fait, et c’est la raison pour laquelle le personnage m’a séduit. Jean de Siorac est à la fois guerrier et médecin. Il cultive, par ses lectures, un esprit ouvert et critique. À l’époque, certaines découvertes bousculent le dogme de l’Église. Copernic prouve, par exemple, que ce n’est pas le Soleil qui tourne autour de la Terre, mais le contraire. C’est d’ailleurs sa curiosité pour les sciences qui le pousse à embrasser le protestantisme. En même temps, Jean de Siorac est un seigneur éclairé, chef de clan, bon et juste avec ses gens. 

La devise des Siorac, « oeil vif, poing ferme et coeur hardi », aurait-elle pu être celle de Nicolas Duvauchelle ? 

Je l’aurais certainement adoptée si j’avais vécu à cette époque. Il y a quelque chose de chevaleresque dans cette formule, qui convient tout à fait à mon éthique. 

En quoi cette histoire a-t-elle une résonance avec notre époque ? 

Aujourd’hui, comme à l’époque, on retrouve des gens qui, dans l’ombre, fomentent des complots, poussent au fanatisme, à la guerre civile, alors qu’une majorité silencieuse n’aspire qu’à vivre en paix. 

"L’ambiance sur le tournage a été formidable"

L’amitié et la confiance que Jean de Siorac voue à son frère d’armes, Jean de Sauveterre, joué par Guillaume Gouix, est remarquable. Comment s’est passée votre collaboration ? 

Guillaume est un excellent acteur, humble, à l’écoute, d’une grande sensibilité, et c’est un merveilleux camarade. On avait déjà joué ensemble, il y a trois ans, dans Disparu à jamais, une série diffusée sur Netflix. D’ailleurs, l’ambiance sur le tournage a été formidable du fait, sans doute, que nous étions en Dordogne, loin de Paris, dans une région de rêve avec ses châteaux, sa nature et sa gastronomie. Nous étions comme une troupe de théâtre. Le fait de tourner plus de trois mois ensemble nous a beaucoup rapprochés. Je pense que ça transparaît à l’écran. 

"Je suis fin prêt pour une deuxième saison"

Avez-vous suivi une préparation spéciale pour ce tournage ? 

J’ai été coaché par Antoine Williame, un maître d’armes qui a travaillé sur Les Trois Mousquetaires. Le but était surtout de ne pas se blesser en maniant ces rapières qui sont assez lourdes. D’autre part, même si je me considère honnête cavalier, j’ai quand même pris des cours d’équitation chez Cheval Passion, avec Mario Luraschi et Pascal Chino Madura. Je suis fin prêt pour une deuxième saison… 

En attendant, quelle est votre actualité ? 

J’ai joué dans Brûle le sang, un thriller qui sera présenté au Festival de San Sebastián (du 20 au 28 septembre, ndlr), et dont la sortie est prévue en octobre. J’ai aussi tourné la seconde saison de la série Coeurs noirs. J’ai beaucoup travaillé cette année ! Je vais un peu me reposer.  

Fortune de France, lundi 23 septembre à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui