Monica Bellucci (Ça, c’est Paris !) : « Il est normal de ne plus être une jeune première… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:48
ABACA
Monica Bellucci rayonne dans la peau d’une meneuse de revue un brin caractérielle dans la mini-série Ça, c’est Paris ! Un jeu auquel elle s’est prêtée avec un immense plaisir... et aussi quelques appréhensions.

Qui a eu la fabuleuse idée de vous proposer ce rôle de meneuse de revue d’un cabaret ?

Monica Bellucci C’est le producteur Dominique Besnehard et le réalisateur Marc Fitoussi, avec qui j’avais déjà vécu la délicieuse aventure de Dix pour cent, en 2018. Ils ont pensé à moi pour ce personnage qui porte mon nom, mais ne me ressemble en rien, tellement le chant et la danse sont loin d’être mes moyens d’expression favoris ! (Rires)

Monica Bellucci : "Cette grande responsabilité m’a beaucoup stressée"

Pourtant, on vous voit chanter à deux reprises, et vous nous offrez une scène, tournée en pleine rue, digne d’une comédie musicale…

Oui, et ça m’a finalement beaucoup amusée, même si c’était ce qui m’inquiétait le plus. Danser, c’est comme retenir un texte, mais là, ce sont des pas et des mouvements qui doivent être assimilés et millimétrés. J’étais mal à l’idée de me tromper et d’obliger les trente danseurs autour de moi à rejouer la scène. Cette grande responsabilité m’a beaucoup stressée. Bien plus que quand je suis montée sur la scène du Théâtre Marigny, à Paris, en 2019, pour la pièce sur Maria Callas ! Je remercie Kamel Ouali, le chorégraphe de la série, et tous ces artistes talentueux sans qui rien n’aurait été possible.

Cela a-t-il fait écho en vous, vous qui évoluez aussi entre rêve et réalité, votre vie d’actrice et celle de femme ?

Tout à fait. Je ne vais pas dire que c’est une « lutte », parce que j’adore ma vie de famille et que j’ai une grande passion pour mon travail. Mais trouver le bon rythme et le juste équilibre n’est pas toujours évident, car ce métier impose de bouger souvent. Quand mes filles étaient petites, c’était facile : je les prenais sous le bras et elles partaient avec moi. Aujourd’hui, c’est différent. Léonie a presque 15 ans, et Deva, 20 ans… Néanmoins, je me dois d’être présente. Mais comme toutes les femmes, je dois faire des choix et définir mes priorités.

Monica Bellucci : "On peut avoir une autre manière d’exister"

Certaines comédiennes dénoncent l’invisibilité des actrices de plus de 50 ans au cinéma. Avez-vous ressenti ce phénomène ?

J’ai eu la chance, à 50 ans, de travailler avec des réalisateurs qui m’ont aidée à passer le cap. Comme Sam Mendes, qui m’a offert, en 2015, un rôle de James Bond girl dans 007 Spectre, ou Emir Kusturica, qui m’a proposé de jouer une superbe histoire d’amour dans On the Milky Road, en 2016. C’est un passage difficile, mais inévitable. On sert alors d’appui aux nouvelles générations, et c’est une place qui n’est pas désagréable. Il est normal de ne plus être une jeune première et de se voir proposer d’autres types de rôles. Je pense qu’il faut prendre de la distance et réaliser que l’on peut avoir une autre manière d’exister, dans la vie et à l’écran.

Par
Adeline Quittot