Les Espions de la terreur (M6) – Rachida Brakni : « Je pense que j’aurais été un bon agent secret »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:29
PHILIPPE DOIGNON / TETRAMEDIA / M6
INTERVIEW. Dans cette mini-série adaptée du livre éponyme de Matthieu Suc, la comédienne campe un agent de la DGSE qui traque les auteurs des attentats commis à Paris, il y a neuf ans. Comment avez-vous vécu cette sinistre soirée du 13 novembre 2015 ? 

Comment avez-vous vécu cette sinistre soirée du 13 novembre 2015 ? 

Rachida Brakni : Je me rappelle très bien : à l’époque, je mettais en scène un spectacle au Théâtre Hébertot. Après chaque représentation, l’équipe se retrouvait dans un bar, à proximité. Juste avant, dans la rue, nous avons entendu des sirènes retentir. On s’est mis tout à coup en mode « alerte », car nous avons senti qu’il se passait quelque chose d’inhabituel. Dans le bar, nous avons vite été informés de ce qui arrivait, en regardant la télé. Toute la nuit, nous sommes restés là, sidérés. Il n’y a pas d’autres mots : c’était la sidération et l’effroi. 

Qu’est-ce qui vous a motivée pour replonger dans ces moments douloureux ? 

Cette histoire fait partie de l’inconscient collectif. Dès la lecture du scénario, j’ai été happée. J’étais très séduite par l’idée de me retrouver au coeur du réacteur, de découvrir tout ce qui se jouait en toile de fond, de voir comment la traque des terroristes s’est organisée, sur notre territoire comme en Syrie. Du plus bas de l’échelle au sommet de l’État, on ne soupçonne pas à quel point les services secrets français ont été sur le feu. La série met en lumière toute cette cuisine intérieure, où le moindre détail a son importance. Même les informations les plus insignifiantes sont bonnes à prendre. Ce sont elles qui font la différence. 

Les personnages féminins sont ici en première ligne, et notamment Malika, analyste de la Direction générale de la sécurité extérieure, que vous incarnez… 

Cette femme a du mal à mener de front sa carrière professionnelle, qui s’apparente plus à un sacerdoce qu’autre chose, et sa vie de famille, assez chaotique : elle ne voit jamais ses enfants, ne se rend pas compte que son mari ne va pas bien, tellement elle est absorbée par son travail. Entre elle et le commandant Lucie Kessler (Fleur Geffrier), qui connaît aussi des soucis personnels, il y a comme un effet miroir. Lucie est aussi fougueuse que Malika est réfléchie. Malgré cette opposition de caractères et la rivalité qui existe entre leurs services, elles rencontrent des problèmes, dans leur vie privée, qui vont les rapprocher. Chacune va voir en l’autre une figure féminine rassurante, dans un milieu extrêmement masculin et hiérarchisé. 

Vous qui êtes souvent dans la lumière, auriez-vous aimé être comme elles, une femme de l’ombre ? 

Tout ce qui s’apparente à l’espionnage me passionne depuis toujours. D’ailleurs, il y a longtemps, j’avais tourné Secret défense, un film de Philippe Haïm, pour lequel j’avais pu rencontrer quelques espions. Moi, j’aurais adoré être Mata Hari, un personnage fascinant, tels ceux des romans de John le Carré. Après, comme il revêt divers costumes, le comédien peut s’apparenter à un agent secret. C’est une sorte de caméléon, qui doit pouvoir s’infiltrer partout. En tout cas, je pense que j’aurais été un bon agent secret, parce que j’ai cette capacité à côtoyer des milieux différents, sans me sentir en porte-à-faux ou en décalage. J’aurais eu un bon profil. Mais ils ne m’ont jamais contactée. Tant pis pour eux ! (Rires) 

Les Espions de la terreur, lundi 11 novembre à 21h10 sur M6

Par
Frédéric Lohézic