Julie de Bona (L’école de la vie) : « Mes angoisses d’élève sont revenues »

Publié le 5 avril 2023 à 9:51
© Gilles Gustine/FTV/FICTION' AIR
La comédienne succède à Guillaume Labbé dans six nouveaux épisodes de la série, qui aborde avec réalisme les problèmes de société en milieu scolaire.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le rôle d’Alexandra Delage, prof de français et de théâtre, dans un lycée parisien ? 

Julie de Bona : Le scénario. J’ai senti quelque chose d’exigeant, de vrai, de fin. J’ai su que j’avais affaire à une série qui faisait grandir les gens. J’ai aussi été touchée par son réalisme.

Les scénaristes se sont inspirés de documentaires avec de vraies histoires de gamins. Selon vous, quelle est la différence entre L’École de la vie et les autres séries se déroulant en milieu scolaire, telles que Le Remplaçant ou La Faute à Rousseau

Je connais ces deux séries, qui sont formidables dans leur style, mais je n’avais pas envie de faire ça. Quand j’ai lu le scénario de L’École de la vie, j’ai eu l’impression de me retrouver dans mon film préféré, Le Cercle des poètes disparus, de Peter Weir. J’y ai retrouvé le même ADN. Les autres séries autour de l’école donnent une image un peu caricaturale des profs, dans le bon sens du terme. Mais ces enseignants-là n’existent pas. Ça reste de la comédie. Alors que dans L’École de la vie, la prof est une femme normale, une héroïne du quotidien qui laisse la place aux élèves. 

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile à jouer ? 

Les scènes où j’enseigne le français m’ont déstabilisée, car je n’excellais pas dans cette matière. J’étais plutôt attirée par les sciences. J’ai fait un Deug de biochimie. Ce rôle était un peu comme une revanche et, en même temps, un challenge. Quand je me suis retrouvée au lycée, mes angoisses d’élève sont revenues. J’ai bossé comme une folle. Les figures de style que je suis censée enseigner, je les ai apprises par coeur en trois jours, alors que je n’y étais pas arrivée pendant mon année scolaire. Les gamins ont été extraordinaires. Ils ont su faire preuve de patience et de bienveillance.

Y a-t-il une prof qui vous a marquée, pendant votre scolarité ? 

Il faut remonter au CP : j’ai eu comme institutrice Mme Côte, une dame géniale que j’adorais, et dont j’ai découvert, beaucoup plus tard, sur un tournage, qu’elle était la mère de la comédienne Olivia Côte. 

Cette série évoque, en filigrane, un sujet qui dépasse le cadre scolaire : comment gérer sa vie professionnelle, tout en étant malade. Comment l’avez-vous abordé ? 

Ce n’est pas le thème qui me réjouissait le plus, car ce n’est pas facile à jouer. Je l’avais déjà abordé dans la série Plan B (diffusée sur TF1, en 2021, ndlr), puis l’an dernier, pour M6, dans le film Le Souffle du dragon, de Stéphanie Pillonca, sur le cancer du sein. Eh bien, jouer pour la troisième fois une malade m’a libérée ! Forte de mes deux expériences précédentes, où j’ai eu l’occasion de rencontrer des cancéreux, j’ai pu demander aux auteurs d’être aussi près de la réalité vécue par les malades. J’ai été entendue au-delà de mes espérances.

L’école de la vie, mercredi 5 avril à 21h10 sur France 2

INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI 

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