Hippocrate (Canal+) – Thomas Lilti : « Sur tournage on a plus de moyens que les soignants à l’hôpital »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:29
© Denis Manin / 31 Juin Films / Canal+
INTERVIEW. Pour cette troisième saison, le créateur, scénariste et réalisateur d’Hippocrate, qui est aussi médecin, fait évoluer ses personnages dans des services hospitaliers saturés, au coeur de l’été.

Dans cette saison, vos personnages se retrouvent sur un tournage de film se déroulant à l’hôpital, afin de récupérer du matériel médical… 

Thomas Lilti : Oui, c’est un clin d’œil assumé à ce que j’ai vu en 2020. Il y a cette idée que des gens en tournage ont peut-être plus de moyens que les soignants à l’hôpital. Pas du matériel de haute technicité, mais des choses qui manquent dans la réalité : des déambulateurs, fauteuils roulants, des pieds et des poches de perfusion, des compresses…

Vous l’avez vécu aussi, non ?

Oui. Nous, à force de tourner la série Hippocrate, depuis 2016, nous avons un stock énorme. Le vrai hôpital était plus en carence de matériel que nous. Pour l’anecdote, quand je suis retourné travailler en tant que médecin, au moment de la pandémie, on m’a convoqué et on m’a dit : « Tu vas aller aux urgences. » Et quand j’arrive aux urgences de l’hôpital − dans lequel je tourne, aussi −, je me rends compte que je n’ai plus de matériel. Ni stéthoscope, ni marteau pour les réflexes. Qu’est-ce que je fais ? Je file alors dans mon décor et j’emprunte  le stétho et le marteau de Karim Leklou !

Avez-vous effectué des recherches particulières auprès des soignants pour cette nouvelle saison ?

Non, je ne suis pas un chercheur. Ce qui se passe, c’est que souvent, les gens viennent à moi pour témoigner de ce qui leur arrive à l’hôpital. Ce travail d’interview est donc omniprésent dans ma vie. Mon souci, c’est plutôt de trouver d’autres espaces pour nourrir mon travail créatif, car je suis sans cesse ramené à l’univers hospitalier. 

Hippocrate, tous les lundis à 21h10 sur Canal+

Par
Frédérick Rapilly