On vous imagine très sollicitée. Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce projet, en particulier ?
Audrey Fleurot : D’abord, l’envie de travailler avec Cyril Mennegun, le créateur de la série. Nous nous étions rencontrés lors d’un festival où nous étions membres du jury, et nous avions tout de suite accroché, tous les deux. J’étais aussi très contente de collaborer avec Arte, qui monte des fictions qui ne se feraient pas ailleurs. Enfin, j’avais le sentiment de ne pas être encore allée sur ce terrain qu’est la folie.
Pourtant, Hortense, votre personnage dans Un village français (France 3), perd la raison, elle aussi, dans la dernière saison…
Oui, c’est assez drôle car ce sont les journalistes, comme vous, lors des interviews pour Esprit d’hiver, qui m’ont rappelé que j’avais déjà joué la folie, effectivement, avec Hortense… C’est vous dire si je ne suis pas dans la nostalgie !
Est-il compliqué de doser la folie dans le jeu ?
Oui, car on touche à quelque chose que l’on ne connaît pas. Comme je ne voulais pas que cela paraisse fabriqué, j’ai travaillé sur du concret : la perte de contrôle, l’angoisse… Après, l’idée même de cette maison isolée, au fin fond de la montagne, dont les premiers voisins semblent être à 15 kilomètres, c’est déjà très loin de moi. Un tel repli sur la cellule familiale, qui est quand même la base, on le sait, de toutes les névroses… Nathalie, mon personnage, ne se facilite pas la tâche.
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Qui a eu cette initiative de troquer votre célèbre chevelure rousse pour ce blond platine ?
C’était un souhait très fort du metteur en scène. Je pense que dans son imaginaire, il avait cet éternel féminin. Et moi, j’étais partante, parce que je n’en avais jamais eu l’occasion et que j’en avais un peu marre d’être « la flamboyante ». Dans ma vie, je n’étais jamais passée par une autre couleur de cheveux, car je pense que la nature est bien faite. Mais c’est super pour s’oublier. Quand je me regardais dans la glace, je ne me reconnaissais pas.
Ressentiez-vous, sur le plateau, l’ambiance pesante qui transparaît à l’écran ?
C’était surtout lié au fait de tourner en studio. Comme nous étions tous les jours dans le même décor, sans aucun éclairage extérieur, j’ai totalement perdu la notion du temps. Je ne savais plus quel jour de la semaine on était, ni même l’heure. Travailler dans cet endroit, en huis clos, a effectivement participé à instaurer une ambiance particulière, mais qui est restée très sympathique. Notamment parce que j’essaie toujours de travailler sur une forme de déconcentration, pour pouvoir lâcher des choses.
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EXCLU – Morgane et Adam en couple dans la saison 3 de HPI ? Mehdi Nebbou a son avis
Qu’est-ce qui attend votre personnage de Morgane dans la saison 3 de HPI, pour TF1, dont vous avez débuté le tournage ?
Il y avait une volonté de la remettre dans une situation précaire, parce que cela fait partie de son ADN. Après le baiser échangé avec Karadec (Mehdi Nebbou, ndlr), elle lâche son poste dans la police pour redevenir femme de ménage. Évidemment, elle est très mauvaise dans ce travail et se retrouve toujours dans des plans foireux. Mais c’est ce qui la stimule intellectuellement, alors elle ne va pas pouvoir s’empêcher de reprendre les enquêtes, à son compte… ce qui va la mettre dans la merde !
Esprit d’hiver : jeudi 10 novembre à 20h55 sur Arte
INTERVIEW CAMILLE SANSON