En thérapie (Arte) – Alain, un personnage « compliqué » à incarner pour Jacques Weber

Publié le 14 avril 2022 à 13:46
© Les Films du Poisson
Méfiez-vous des apparences. Derrière Alain, capitaliste sans scrupules, se cache un homme blessé dans sa chair depuis bien longtemps. Son interprète, Jacques Weber, en a été le premier surpris. Il se confie.

Il parait que vous étiez fou de joie que Éric Tolédano et Olivier Nakache vous approche pour cette deuxième saison…

Jacques Weber : C’est vrai. Ils sont venus me rencontrer chez moi, avec beaucoup d’élégance, ils m’ont beaucoup touché. Puis, ils m’ont envoyé le scénario et m’ont dit : "pour nous, c’est oui maintenant il faut voir avec Emmanuelle Bercot, la réalisatrice des épisodes de ton personnage". Il y a eu un vrai coup de foudre amical entre elle et moi. Je l’ai trouvée tellement merveilleuse de simplicité, elle est franche comme un soleil méditerranéen.

C’était une évidence pour vous d’accepter ce rôle ?

Non ! Je me suis d’abord méfié. Incarner un patron, moi qui suis très à gauche, c’était compliqué. Je me suis battu, j’ai mené tous les combats les plus à gauche possibles et naturellement, comme tout crétin qui se respecte, j’ai souvent fait des généralités sur le patronat. J’ai vu chez Alain, mon personnage, de telles fondations, de telles explications à ce rapport difficile au monde et à l’autorité, que d’un seul coup j’ai découvert l’humain qu’il était. J’ai pensé à Bernard Tapie qui était un ignoble individu et que j’ai vu se battre contre son cancer, redevenir un homme comme les autres. Ça m’a fait taire. C’est très intéressant de se retrouver dans ce type de réflexion lorsqu’on joue un personnage.

Beaucoup d’acteurs et actrices de la série ont vécu le tournage comme une thérapie. Ce fut votre cas aussi ?

Oui. Il y a des choses que je ne veux pas dire mais c’est vrai que j’ai eu des moments très difficiles à affronter qui, comme par hasard, correspondaient aussi aux douleurs de l’homme que j’interprétais…

Frédéric Pierrot est un bon camarade de jeu ?

Sur le tournage, nous avons entretenu une relation extrêmement forte et puissante tant sur le plan physique, intellectuel, que sensuel. C’est un homme que je respecte par-dessus tout, que j’aime très fort. Il formidable, il pourrait être psychanalyste demain.

Est-ce qu’il faut avoir été psychanalysé pour faire un bon patient dans En Thérapie ?

Non. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut faire six mois chauffeur de taxi pour jouer un chauffeur de taxi. Je ne crois pas du tout en la méthode "Actors studio", même si j’ai une admiration sans borne pour ses adeptes, Al Pacino, Robert De Niro à qui je n’arrive pas à la cheville. Mais moi, je n’y crois pas et je m’en fous. 

Interview amandine Scherer

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