Emily Blunt (The English) : « Cornelia n’est pas une demoiselle en détresse »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 6:13
© 2022 Drama Republic, Eight Rooks & All3Media International - Diego López Calvín
Emily Blunt s’essaie avec brio au western moderne, dans cette série qui revisite le genre à découvrir ce soir sur Canal+. En mère vengeresse qui croise le chemin d’un sergent amérindien, elle irradie. Entretien avec l'actrice.

Quel regard portez-vous sur cette mère qui a vécu un drame insondable ? 

Emily Blunt : Quand on la voit pour la première fois à l’écran, engoncée dans sa robe en dentelle, pas du tout préparée au monde violent et masculin qui l’attend, on se dit : "Ok, elle ne s’en sortira jamais, c’est fini." Et pourtant… C’est un personnage complexe, surprenant. Elle semble à la fois pleine d’innocence et fiévreuse dans son besoin de venger la mort de son fils. Au fur et à mesure que la série avance, on découvre l’étendue de sa perte et la violence qu’elle porte en elle. 

Cornelia est aussi en quête de liberté… 

Oui. Ce qu’elle a traversé est tellement traumatisant qu’elle a besoin de s’en libérer, par la vengeance. C’est une femme qui n’a pas eu de chance avec les hommes, elle ne veut pas entendre parler de mariage ou de relation. Pourtant, elle rencontre cet incroyable guerrier Pawnee (peuple amérindien du Nebraska et du Kansas, ndlr), Eli Whipp, joué par Chaske Spencer, qui va la réveiller. C’est probablement le premier homme bienveillant qu’elle croise. C’est un survivant, et elle se reconnaît en lui. Elle cherche à se venger, et lui à revendiquer son territoire. C’est sa façon à lui de récupérer son identité, après avoir quitté l’armée américaine. 

The English donne une autre vision du western… 

Oui, il y a une vraie modernité dans le rapport entre le personnage féminin et le personnage masculin. Cornelia n’est pas une demoiselle en détresse, elle mène son propre combat, mais elle et le sergent Eli Whipp ont besoin l’un de l’autre pour survivre. Ils vont vivre une histoire d’amour douloureuse, comme j’en ai rarement vu dans un western. 

La série a été tournée en grande partie en Espagne. Avez-vous apprécié d’être loin des studios et des fonds verts ? 

Ça change tout ! Nous avons littéralement embrassé la poussière et la chaleur ! (Rires) Je préfère mille fois cela au fond vert… Pour tourner certaines scènes, nous attendions l’heure parfaite, lorsque le soleil est sur le point de se coucher. Nous savions que ce serait extraordinaire à l’écran. En revanche, il m’a fallu supporter le corset, qui retient très bien la chaleur ! (Rires) Ma peau ne respirait plus. Je portais également un pantalon en laine, une jupe, une chemise, un gilet et une veste. Et ça, je crois que je ne m’y suis jamais habituée… 

Vous n’êtes pas de celles qui rechignent à se préparer physiquement pour un rôle. Ce fut le cas également pour cette série ? 

Oui ! J’aime toujours cette préparation physique, car elle aide à se glisser dans la peau du personnage. J’ai beaucoup pratiqué l’équitation pendant les mois précédant le tournage. Dans la série, je passe les trois quarts du temps sur un cheval, donc il fallait que je me sente à l’aise. J’ai adoré cette préparation, c’était merveilleux. J’ai travaillé avec huit chevaux différents avant d’arriver en Espagne, pour être sûre de pouvoir m’adapter à celui que j’aurais à monter là-bas. Et Ethos fut un partenaire de jeu incroyable… 

The English, jeudi 30 mars à 21h10 sur Canal+

INTERVIEW AMANDINE SCHERER 

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