Qui est Colette Chevreau, votre personnage ?
Odile Vuillemin : Elle s’inspire de Monique Case, et de l’affaire du Bois bleu. Une femme libre, aux idées progressistes, injustement accusée du meurtre du directeur de l’agence bancaire locale. Elle ne devra son salut qu’au travail acharné d’une jeune juge, fraîche émoulue de l’École de la magistrature : Anne-Marie Leroux, jouée par Agathe Bonitzer (à droite).
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce scénario ?
Il est le reflet d’une époque. Ce n’est pas un réquisitoire féministe contre les hommes: on montre les mentalités telles qu’elles étaient, ensuite chacun se fait son opinion. Il y a, par exemple, ces images d’archives d’un JT relatant l’adoption de la loi sur les régimes matrimoniaux. Les femmes ne pouvaient jusque-là ouvrir un compte bancaire sans l’accord de leur mari.
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Comment avez-vous abordé ce rôle ?
Je n’ai pas tenté de ressembler à Monique Case. C’était une femme brillante, qui avait une façon très posée de s’exprimer, et c’est cela que j’ai essayé d’aller chercher. Le plus dur, pour moi, a été de passer de la légèreté d’être qui la caractérisait à son basculement dans le drame.
Vous avez aussi incarné la maman de Grégory Lemarchal dans le biopic Pourquoi je vis. Les fictions du réel ne sont-elles pas une façon de vous engager dans le débat public ?
J’accepte très peu de rôles éloignés de moi. Il faut que je me sente touchée, interpellée. Quand j’incarne des personnages réels, j’essaie surtout de ne pas trahir leur mémoire. C’est beaucoup de responsabilités, mais ce sont aussi de vrais challenges. Cela dit, j’aimerais bien tourner une bonne comédie !
Deux femmes : lundi 28 février à 21h05 sur France 2
propos recueillis par Hacène Chouchaoui en 2021