Fin des années 2000… Deux petits escrocs, Fitous (Ramzy Bedia) et Bouli (David Ayala), originaires du quartier de Belleville, à Paris, s’acoquinent avec Jérôme (Niels Schneider), un jeune trader joueur de poker, marié, père de deux enfants et amateur de coups risqués. En s’appuyant sur la faille d’un nouveau marché financier censé rendre les entreprises plus « vertes », les trois compères vont détourner plusieurs centaines de millions d’euros des caisses de l’État. Un magistrat, nommé Simon Weynachter (Vincent Lindon), va les pister, les traquer à travers le monde, afin de trouver des preuves de cette fraude dite des « Quotas carbone », considérée comme l’arnaque du siècle. Car, si D’argent et de sang est une série avec des personnages inventés, l’histoire est bien réelle et a concerné beaucoup de monde.
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Aujourd’hui encore, on ne sait pas exactement quelle a été l’ampleur exacte de la fraude, qui consistait – en résumé – à détourner la TVA qui s’appliquait à des quotas de carbone que se revendaient des entreprises. Entre novembre 2008 et juin 2009, elle aurait coûté près de 1,6 milliard d’euros à l’État français, tandis qu’au niveau européen, on estime que la fraude aurait atteint les 6 milliards d’euros. « J’ai entendu parler de l’affaire dans la presse, comme tout le monde, sans y prêter plus d’attention, explique Xavier Giannoli, réalisateur et co-scénariste de la série. Puis j’ai lu le livre D’argent et de sang, du journaliste de Médiapart Fabrice Arfi (Seuil), publié en 2018, une enquête à l’anglo-saxonne qui reflétait l’esprit de cette époque et avait un potentiel romanesque. Je suis parti du livre sans me poser la question de savoir si j’allais réaliser un film ou une série. Je venais de terminer Illusions perdues (7 César en 2022, ndlr). J’ai fait D’argent et de sang avec la même équipe. » Le cinéaste n’a pas cherché à rencontrer les authentiques protagonistes de cette affaire (certains sont condamnés, d’autres relaxés…). « Ce qui m’intéressait, c’était cette notion de mystère : comment était-il possible que ces trois types aient pu dérober des millions, voire des milliards d’euros ?»
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Au centre de la série, il y a Vincent Lindon dans la peau de ce magistrat tenace, obsédé, qui enquête, tandis que Fitous, Bouli et Jérôme flambent leur argent dans une débauche de voyages en jet, d’achats bling-bling et d’escort-girls. Dans ce rôle où il incarne une sorte de boussole morale, Lindon est impressionnant : « Il joue sa vie sur chaque scène, explique son partenaire de jeu, Niels Schneider. Avant de tourner, il me demandait : “Ça va ? Tu as peur ?” Du coup, forcément, j’avais peur ! » Cette tension perceptible à l’écran à tout moment, c’est aussi ce que souhaitait Xavier Giannoli. Le réalisateur ne juge jamais ses personnages, mais, finalement, la série dégage une puissance digne du cinéma de Martin Scorsese.
D’argent et de sang, lundi 16 octobre à 21h10 sur Canal+