Chandra Wilson, Grey’s Anatomy : « Je comprends la décision d’Ellen Pompeo… »

Publié le 26 avril 2023 à 7:47
Abaca
Depuis 18 ans, elle incarne l’attachante Miranda Bailey, chirurgienne au tempérament de feu et à la fragilité désarmante dans "Grey's anatomy". Cette saison, elle va devoir faire face à un départ historique…

Bailey a démissionné à la fin de la saison 18, à la suite de la fermeture du programme d’enseignement. Dans quel état la retrouve-t-on au début de la saison 19 ?

Chandra Wilson : Comme tant de personnes dans le monde après la pandémie, Bailey a ressenti le besoin de faire une pause, de donner la priorité à sa famille, à la petite fille qui vient d’entrer dans sa vie. Au début de cette nouvelle saison, on retrouve une Bailey reposée, qui a de nouvelles priorités médicales. Rien ne sera plus comme avant. Le monde a changé, une porte s’est ouverte pour Bailey : elle veut donner la priorité aux femmes, à leur santé en particulier. Elle veut sortir du chaos, apprendre des erreurs du passé.

Depuis de nombreuses saisons maintenant, on sent la fragilité de ce personnage. Elle a besoin de prendre soin d’elle pour prendre soin des autres ?

N’est-ce pas le cas pour nous tous ? Rappelez-vous ce que les hôtesses disent dans les avions : en cas de dépressurisation, mettez d’abord votre masque à oxygène sur vous, avant de le mettre sur vos enfants. Il faut savoir reconnaître qu’on ne va pas bien. J’aime pouvoir dépeindre quelqu’un pour qui tout va bien en apparence alors que ce n’est pas le cas.

Cet hôpital semble être un navire qui n’en finit plus de couler ! Va-t-il connaitre des jours meilleurs ?

A la fin de la saison 18, il s’agissait pour nous de comprendre comment nous remettre sur pied. Nous survivons toujours d’une manière ou d’une autre… jusqu’à la prochaine catastrophe.

Sans trop en dévoiler, à quoi va ressembler le cheminement de Bailey durant cette saison ?

Elle sera prête à repartir au front, mais elle va chercher à tout prix l’équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. C’est toujours le même numéro, surtout pour les femmes. Il s’agira donc pour elle de déterminer ce dont elle a besoin, d’être capable de le formuler, et de l’intégrer dans son quotidien.

Aurons-nous la chance de revoir le couple April / Jackson ?

Jackson dirige la Fondation de sa mère, Catherine Fox à Boston. April est là, avec lui. Catherine est très attachée à l’enfant qu’ils ont eu ensemble. Il y a donc toujours une porte ouverte pour que ces personnages réapparaissent dans la série, que ce soit physiquement, au téléphone, ou même en visioconférence !

Comment avez-vous vécu la décision d’Ellen Pompeo de quitter la série ?

Vous savez, cette valse des gens qui partent et qui arrivent est très familière pour nous… Cela nécessite toujours un ajustement personnel, il faut nous habituer à chaque fois. Mais en ce qui concerne les intrigues, Meredith Grey en fera toujours partie d’une manière ou d’une autre.

Vous comprenez son choix ?

Oui, bien sûr. Nous jouons dans cette série depuis 18 ans maintenant. Qui restent aujourd’hui 18 ans au même endroit ? Les gens changent de métier, déménagent, divorcent… Le fait qu’Ellen soit restée dans la série tant d’année est déjà une victoire en soi ! Les téléspectateurs se sont connectés à Meredith Grey, elle a pu être un élément rassurant dans leur vie. C’est une chance inouïe pour un acteur de pouvoir incarner le même personnage pendant 18 ans.

Lorsque la série a été lancée, à quoi vous attendiez-vous ?

J’espérais qu’on tiendrait au moins deux saisons… J’ai donc dépassé toutes mes attentes !

Vous avez plaisir à retrouver les anciens comme Kate Walsh qui joue le docteur Addison Montgomery ?

Oui ! J’ai l’impression que nos bras sont toujours ouverts et quand les uns et les autres reviennent, ils retrouvent immédiatement le "groove". Même quand plusieurs années se sont écoulées, les personnages et leurs interprètes retrouvent leur place. Nous vieillissons, nous mûrissons, nous avons des idées différentes sur la vie, nos personnages aussi. Mais nous restons une grande famille.

Cela fait 18 ans que vous incarnez le docteur Bailey. Quel regard portez-vous sur elle ?

Dès le premier épisode, Miranda s’est montrée très déterminée professionnellement. Elle était mariée et pensait que c’était pour la vie. Elle avait hâte d’agrandir sa famille, mais aussi de grimper les échelons en termes de carrière. Elle rêvait d’une médecine accessible à toutes et tous. Le public a eu la chance de la voir atteindre son objectif professionnel. Et même si son mariage n’a pas fonctionné, elle a retrouvé l’amour, s’est remariée, a fait des enfants. Tout ce qu’elle avait au début est toujours là aujourd’hui, sous une forme différente. Son plus grand défi a été de trouver comment tout équilibrer et j’ai apprécié, en tant qu’actrice, de pouvoir montrer une femme qui réussit, qui échoue, qui se trompe, qui fait aussi, parfois, les choses bien. Et que les téléspectateurs ne la considèrent plus comme un tyran ! (Rires).

Et vous, qu’est-ce qui vous fait rester au sein de cette série ?

A chaque scénario que je reçois, je découvre quelque chose de nouveau sur Bailey. C’est toujours excitant. Elle grandit comme chacun d’entre nous, j’aime pouvoir montrer toute son humanité, qu’elle soit désordonnée et que tout ne soit parfait avec elle.

Que souhaitez-vous pour votre personnage ?

Je n’ai jamais pris en compte mes désirs et mes espoirs pour elle. Et je pense que la série est une réussite parce que des auteurs travaillent sur nos personnages, sans affect. Je continue à m’ouvrir à tout ce qu’ils m’apportent.

Vous dites que Bailey essaie encore et encore de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Est-ce quelque chose qu’il vous a fallu faire également ?

Chaque jour, je me réveille et je note tout ce que je dois faire dans la journée. Je sais que parfois j’arrive à tout cocher, parfois non. Il est là l’équilibre. Nous devons avoir suffisamment de bienveillance envers nous pour nous dire "OK. Ça n’a pas marché aujourd’hui, je réessayerai demain et c’est le mieux que je puisse faire".

Dernière question : est-ce que vous levez la main quand on demande : "Y a-t-il un médecin dans la salle ?"

Absolument pas ! (Rires). Je regarde autour de moi comme tout le monde !

Interview Amandine Scherer

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