Ce n’est pas votre première collaboration avec Josée Dayan. Il y a sept ans, vous étiez dans La Tueuse caméléon pour France 2. Dès qu’elle vous sollicite, vous foncez ?
Catherine Frot : Il se trouve que mon emploi du temps me permettait d’accepter sa proposition, alors je lui ai dit oui avec un grand plaisir. J’aime énormément Josée Dayan. Elle m’amuse beaucoup, et c’est quelqu’un avec qui j’aime travailler. Et puis j’avais très envie de connaître Corinne Masiero. Elle m’intriguait…
Et alors, comment s’est passée votre rencontre ?
Plutôt bien ! Avec Marleau, elle a réussi, dans cet univers de thriller, à inventer une sorte de clown. Je trouve ça plutôt fascinant et tellement original ! Ce personnage hors norme a touché le public, qui s’y est très fortement attaché au fil du temps. C’est assez remarquable. Et puis avec Josée Dayan, elles ont inventé une manière de travailler et un univers totalement différent de ce qu’on a l’habitude de voir à la télévision. J’étais heureuse de participer à cette aventure à leurs côtés.
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Vous incarnez Florence Rougier, une forgeronne dont le frère adoptif a été assassiné. Comment avez-vous réagi en découvrant le profil de cette femme ?
Elle m’a tout de suite plu car, vous vous en doutez, je n’avais jamais interprété de femme forgeronne. Le fait qu’elle exerce un métier habituellement réservé aux hommes et qu’elle déploie une telle force physique m’a motivée. Le feu, le foyer autour duquel elle évolue, ce fer rouge sur lequel elle tape de toutes ses forces et cette épée gigantesque qu’elle fabrique de ses mains… je trouvais ces symboles forts et beaux à la fois. Elle a une noirceur intérieure indéniable qui m’a fascinée.
Sans trop en dire, l’intrigue a pour toile de fond l’inceste. Est-ce important, selon vous, d’aborder ce genre de thématique dans une fiction ?
Bien sûr, car c’est hélas d’actualité, comme tout ce qui touche aux violences faites aux femmes et aux enfants. Je trouve essentiel d’en parler, qu’importe les moyens déployés pour le faire. Et puis Corinne, à travers la voix de Marleau, a ce langage brut et radical d’une intense efficacité. C’est une combattante.
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Capitaine Marleau (France 2) : D’où vient le nom de l’héroïne jouée par Corinne Masiero ?
Vous êtes rare à la télévision. Est-ce un choix de votre part ?
Disons que mon planning ne me permet pas de tout faire, tout dépend des périodes. Je serai en février à l’affiche d’Un homme heureux, de Tristan Séguéla, avec Fabrice Luchini. Sinon, pour le moment, je suis au théâtre et ce, pour un an ! Difficile alors pour moi de caser des tournages qui me tiendraient trop éloignée de la scène.
Quelle est cette pièce de théâtre ?
Je joue au côté de Michel Fau au Théâtre de La Michodière, à Paris, dans Lorsque l’enfant paraît, une comédie d’André Roussin. On vient justement de décider de prolonger les représentations, tant la pièce est un succès ! Bien qu’écrite dans les années 50, elle traite des origines, de là d’où on vient… Encore un sujet troublant de modernité.
Capitaine Marleau : vendredi 16 décembre à 21h10 sur France 2
INTERVIEW ADELINE QUITTOT