Un vent de romantisme souffle sur Arte ! Forte du succès international des Aventuriers de l’art moderne, une série d’animation, vue en décembre 2015, sur la vie des artistes et intellectuels de la première moitié du XXe siècle, la chaîne franco-allemande diffuse ce soir un projet tout aussi ambitieux. Cette nouvelle série nous propose de découvrir le mouvement romantique français à travers quatre épisodes de 52 minutes, un condensé de quarante ans de vie culturelle et artistique, qui émerge en France en 1827 et s’achève avec la Commune de Paris, en 1871. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, Arte a de nouveau fait appel à la réalisatrice Amélie Harrault et aux équipes du studio Silex. « Nous avons essayé de coller aux basques des Balzac, Dumas, Delacroix, Hugo. Ils avaient alors la vingtaine et vivaient à Paris. Ils ont bousculé leur époque », confie la productrice Judith Nora.
UNE ENTREPRISE DE LONGUE HALEINE
Produire une animation dont les décors (plus de deux mille) sont basés sur des gravures et des toiles d’époque nécessite un long travail de recherche. « J’ai passé presque sept ans en repérages et en collecte de documents », explique Amélie Harrault, qui nuance : « Contrairement aux Aventuriers de l’art moderne, pour lesquels nous avions des documents, mais où nous devions rendre des comptes à leurs propriétaires, sur ce projet nous avons retrouvé une quantité incroyable de gravures de Paris et de peintures libres de droit. Une matière très riche, que nous avons su exploiter pour donner la couleur de l’époque à cette série, et assurer le passage du vieux Paris au bouleversement haussmannien. »
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Il n’a pas été facile, cependant, de témoigner du foisonnement artistique et littéraire d’alors : « Nous avons dû faire des choix dictés par un souci économique et par les exigences de la fiction. Il fallait une arche narrative cohérente. Aussi, nous nous sommes limités à 40 personnages, parmi lesquels Dumas, Balzac, Hugo, George Sand – pour évoquer le féminisme –, Delacroix, Nerval, Berlioz…, explique la scénariste Céline Ronté. Nous avons opté pour une narration au présent, afin de donner du rythme et de rendre compte au mieux de leur énergie virevoltante, de leur fièvre créatrice et de leurs engagements politiques. On a fait un travail quasi journalistique pour décrypter les liens unissant ces artistes, leurs réseaux, les interactions, afin de bâtir une histoire captivante, tout en restant au plus près de la réalité. »
UNE AMBASSADRICE
La voix de Cécile de France est présente tout au long de la série, la comédienne ne se contentant pas d’être une voix off. Elle incarne tous les personnages, déclame des poèmes, lit des passages… l’occasion de donner la pleine mesure de son talent. Un choix que justifie la réalisatrice : « Cécile de France s’est imposée naturellement. Sa voix est chaleureuse et dégage un potentiel de sympathie. Grâce à elle, l’histoire du XIXe siècle est transmise sans surplomb, avec beaucoup d’humilité. » Le romantisme ne pouvait rêver meilleure ambassadrice !
L’Armée des romantiques, samedi 21 décembre à 20h50 sur Arte