Comment se sont passées les « retrouvailles » avec votre personnage ?
Nina Meurisse : C’était très différent de notre première rencontre, si je puis dire. D’un seul coup, je n’étais plus avec le reste du groupe, car je tournais quasiment toutes mes scènes seule, ou alors avec de nouveaux partenaires de jeu. Il y avait à la fois un peu de frustration et, en même temps, du plaisir de voir évoluer ce personnage.
Prise en otage, Sab passe très vite de la sidération à la survie et à l’action…
Dans ces moments-là, c’est exactement ce qui fait tenir les otages. Se dire qu’ils vont revenir, collecter le plus d’informations possible sur ce qu’ils perçoivent de leur environnement. En termes de jeu, c’est beaucoup plus intéressant que d’incarner un personnage passif, en captivité.
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Vous avez tourné des scènes extrêmement difficiles. Comment réussir à se mettre dans la tête d’un prisonnier ?
D’abord, on en rencontre, pour essayer de ne pas être dans la caricature. Comme tout le monde, j’avais une image presque « simpliste » d’un otage, de sa douleur. J’ai découvert ce besoin de récupérer du renseignement, d’être actif, d’être solide, de ne pas laisser la place à l’abattement, parce que sinon, on bascule dans la folie. Je ne me l’étais pas imaginé de cette manière, car je l’ai rarement vu représenté comme ça au cinéma. Dans les récits, comme dans l’actualité, on préfère raconter la peur. Ce qui aide aussi, ce sont les décors d’une véracité folle et les situations. Même si c’est du jeu et que tout ça est fabriqué, le fait de voir mon co-otage (joué par Colin Bates, ndlr) laper sa gamelle, ou d’entendre certains sons, c’est très aidant.
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Vous avez des scènes de torture que vous avez tournées en très peu de prises. Comment les avez-vous vécues physiquement et psychologiquement ?
Dans ces moments-là, il faut continuellement se dire que l’on est dans la fiction et éviter à tout prix de se laisser emporter, comme on peut le faire dans des scènes d’émotion où, justement, on lâche un peu prise pour plonger dans l’état. Sinon, c’est terrible. Je ne vais pas vous cacher que ce n’est pas agréable d’avoir un sac poubelle sur la tête et de faire semblant d’étouffer. Je sais que certains techniciens ont dû quitter le plateau, même les sons étaient difficiles à supporter.
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Quelle trace ce personnage et cette aventure ont-ils laissée en vous ? Vous avez dit que vous n’aviez plus du tout envie de tourner des scènes violentes…
Non. J’ai surtout envie d’explorer de nouveaux horizons. Je viens de tourner dans la dernière comédie de Grégoire Ludig (Gilles United, au cinéma en 2027, ndlr). C’était génial d’aller sur un terrain qui m’était complètement inconnu. J’aime l’idée de lire un scénario et de me dire que ça ne ressemble à rien de ce que j’ai fait avant. Par exemple, on ne m’a jamais proposé de jouer une femme extrêmement féminine, un peu dominante, ou une méchante. Ça me plairait d’arrêter de faire les gentilles au coeur si bon… (Elle sourit) On fait aussi ce métier pour se surprendre et rencontrer de nouveaux univers. Bien sûr, ça file le trac, mais je ne trouve pas ça si désagréable, finalement !
Cœurs noirs, lundi 26 janvier à 21h10 sur France 2