R.I.P. Aimons-nous vivants ! « (TF1) – Claudia Tagbo : « Quand on m’a proposé cette série, je venais de perdre quelqu’un que j’aimais beaucoup »

Publié le 16 juillet 2024 à 9:22
Manuelle Toussaint/ALEF ONE/TF1
INTERVIEW. L’actrice et humoriste incarne l’irrésistible Anne-Lise qui, héritant du salon mortuaire de son père, va devoir apprendre rapidement les ficelles du métier.

Avez-vous eu des réticences quand on vous a parlé de ce projet qui mêle humour et mortalité ? 

Claudia Tagbo : Aucune ! Déjà parce que je connaissais le duo de scénaristes, Varante & Pone, et que j’avais très envie de travailler avec eux. Et puis, pour moi, la mort fait partie de la vie. Personne n’est jamais revenu de l’au-delà pour nous dire si c’est vraiment la fin ou le début de quelque chose. Comme souvent, beaucoup de gens en ont peur parce qu’ils n’ont pas les réponses. Pour vous dire la vérité, quand on m’a proposé cette série, je venais de perdre quelqu’un que j’aimais beaucoup. À son enterrement, nous avons eu de formidables éclats de rire, parce que nous pensions à tous les bons moments qu’on avait vécus avec cette personne. La vie s’arrête, pas l’amour. 

Tout va plutôt mal pour votre personnage, Anne-Lise. Son ex-mari (joué par Pascal Légitimus) lui dit même : « Ta vie, c’est une catastrophe… » 

C’est une loseuse ! (Rires) En tout cas, c’est ce que lui renvoient les autres ! Ce sont eux qui lui ont collé sur le front cette étiquette. Elle, elle croit en tout ce qu’elle entreprend, même quand elle anime des goûters d’anniversaire pour les enfants. Elle est vraiment enthousiaste et a une force de vie incroyable. Elle fait tout ce qu’elle peut pour subvenir aux besoins de sa fille. Reprendre le salon mortuaire de son père, c’est un vrai challenge. Elle a envie d’aider les autres et veut donner de l’amour, même si elle est parfois sans filtre ! 

Avez-vous été immédiatement séduite par l’idée d’Arnaud Binard en prêtre sexy ? 

Je pense que je ne suis pas la seule, non ? (Rires) Beaucoup de téléspectatrices vont le découvrir. On a tellement ri… Je n’ai jamais vu un garçon aussi pudique. C’est toujours au dernier moment qu’il enlevait sa chemise. Il n’est pas du tout sûr de lui. Je ne l’avais jamais rencontré, mais je peux vous dire que c’est un gros bosseur. Avec le reste du casting, j’étais vraiment très bien entourée. 

Pensez-vous que la série puisse permettre de poser un autre regard sur la mort et sur ceux qui travaillent dans ce domaine ? 

C’est drôle parce qu’il y a peu de temps, j’ai rencontré en soirée une personne qui n’osait pas me dire son métier. Elle travaillait dans les pompes funèbres. Je l’ai rassurée en lui disant : « Mais moi, j’ai besoin de toi ! Bon, j’espère le plus tard possible, hein ! » Ça l’a détendue, on a pu en rigoler… Il faut mettre en valeur ces gens.

D’ailleurs, dans la série, nous avons fait appel à de vrais porteurs de cercueils. Ils ont pu nous expliquer leur métier, la mise en bière, le contact avec les familles… Quel rapport avez-vous avec la mort, vous qui avez vaincu un cancer à l’âge de 30 ans ? 

Je pense que cette épreuve m’a donné envie de profiter encore plus de la vie et, surtout, de dire je t’aime. C’est peut-être un peu gnangnan, mais la frustration et la tristesse quand on perd les gens qu’on aime ou quand on est proche de la mort, vient souvent du fait qu’on n’a pas pu tout dire aux personnes qui nous sont chères.

R.I.P. Aimons-nous vivants !, mardi 16 juillet à 21h10 sur TF1

Par
Amandine Scherer