Le nounou (TF1) Booder : « J’ai été éducateur et on s’est parfois moqué de moi… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:55
Julien CAUVIN/ALEF ONE/TF1
À l’origine du scénario et héros de cette fiction, l’humoriste s’offre un nouveau terrain de jeu et démonte de nombreux préjugés.

Samir, le personnage que vous incarnez, se retrouve à garder les enfants dont sa maman s’occupe habituellement. Comment vous est venue l’idée de ce scénario ? 

Booder : Un jour, en discutant avec des amis qui cherchaient une nounou, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup d’hommes dans ce métier. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à développer autour de ce constat. J’ai alors imaginé le profil de Samir, qui atterrirait dans des familles d’un niveau social très différent du sien. 

Le fait d’être papa vous a-t-il aussi inspiré ? 

Oui. Pendant le confinement, j’avais réalisé des vidéos avec mon fils, dans lesquelles on me voyait galérer à l’accompagner dans ses devoirs. Il finissait par m’expliquer ce qu’il fallait faire, ce qui n’était pas loin de la vérité ! (Rires) Ces petits sketchs, postés sur les réseaux sociaux, avaient cartonné. J’ai alors mixé tout cela et Le Nounou est né ! 

L’homophobie, le racisme, ou encore le harcèlement sont des sujets abordés dans la fiction. Il vous tient à coeur de déconstruire les préjugés ? 

Je suis un fervent militant du « vivre ensemble » et j’essaie, dans tout ce que j’entreprends, de défendre cette notion, en prônant l’humour, les vannes, la repartie… Si, à mon échelle, je parviens à changer le regard que certains portent sur d’autres, j’en serai ravi ! 

Samir dit : « Les critiques physiques ? C’est l’histoire de ma vie. » Est-ce aussi un peu l’histoire de la vôtre ? 

Samir a forcément beaucoup de moi. J’ai été éducateur, je me suis occupé d’enfants au football, et on s’est parfois moqué de moi. Je connais cela, sans pour autant en avoir été vraiment victime, car je savais répondre. J’avais cette force, mais je pense à ceux qui subissent ces violences et pour qui l’école devient un enfer. Tant que je le pourrai, je les défendrai. L’école sera d’ailleurs la thématique de mon prochain spectacle. 

Cette semaine, votre one-man show Booder Is Back est également diffusé (mercredi 28, TMC, 21.25). Que vous procure une telle exposition ? 

Voir mon travail arriver au plus près du public me comble. Cela fait vingt-deux ans que je fais de la scène, et j’aime rappeler aux jeunes qui me demandent conseil qu’il faut faire ce métier pour les bonnes raisons. L’argent et la notoriété n’en sont pas. Cela demande beaucoup d’investissement, de sacrifices. Il faut être armé, psychologiquement. Après mon film Beur sur la ville (2010), je n’ai pas travaillé pendant trois ans et j’étais au RSA. Ce sont les aléas de ce métier : un jour, vous êtes dans la lumière, et le lendemain, vous devez retourner bosser. 

D’où vous vient cette force ? 

De l’éducation de mes parents et du fait que je ne devrais pas être vivant. Quand je suis né, en août 1978, au Maroc, j’avais des bronchiolites aiguës et un asthme sévère. Le médecin du village ne savait pas si je passerais l’hiver. Mon père, qui travaillait en France, m’a fait venir à l’hôpital Necker, à Paris, où j’ai été soigné pendant six ans. Je vis ma seconde vie et me souviens, en allant souvent rendre visite aux enfants malades, qu’il ne faut pas trop se plaindre. 

Aimeriez-vous que Le Nounou devienne une série récurrente ? 

Bien sûr. TF1 nous a d’ailleurs demandé de travailler sur d’autres épisodes, mais, en attendant, je serai le 8 juin sur la scène du Dôme de Paris, pour la dernière de mon spectacle, et je peaufine l’écriture de mon prochain long-métrage. 

Le nounou, lundi 26 février à 21h10 sur TF1 

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