Anaïde Rozam (Iris) : « Avant, je voulais plaire à tout le monde… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
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Révélée sur Instagram avant de faire un passage remarqué dans LOL : qui rit, sort ! (Prime Video) puis d’exploser dans Culte – Loft Story (Prime Video), Anaïde Rozam surprend dans la peau d’une journaliste avide de gloire dans Iris, la série de Doria Tillier présentée au Festival de la Fiction de La Rochelle 2024 et diffusée ce lundi soir à 22h02 sur Canal+. Rencontre.

Doria Tillier dit avoir donné à votre personnage un côté "très Kim Kardashian". C’est comme ça que vous l’avez, vous aussi, abordé ? 

Anaïde Rozam : Je pense que Doria a parlé de Kim Kardashian pour m’orienter quant à la façon qu’a Daphné d’aborder son métier (et sa coupe de cheveux !). C’est une jeune femme qui souhaite être une journaliste-star et qui a parfois des manières de pourrie gâtée. Mais c’est aussi une jeune femme carriériste qui travaille beaucoup pour atteindre ses objectifs. Ce que j’ai beaucoup aimé dans le personnage et dans le scénario, c’est que Daphné arrive à cohabiter avec Iris dans une forme de légèreté, bien que tout oppose les deux femmes. Contrairement aux personnes que rencontre Iris sur son chemin, Daphné n’est pas vraiment influencée par les conventions sociales et par "ce qui se fait ou ne se fait pas". Elle s’en fiche, comme Iris.  

Et vous, de quoi rêvez-vous dans votre vie et votre carrière ?

Dans la vie, je ne rêve pas vraiment car j’ai tout ce dont j’ai besoin pour être heureuse : un entourage sain, un métier qui me passionne et une vie de privilégiée. J’ai beaucoup de chance. Ce dont je rêve c’est que cela dure. En tant que comédienne, je rêve de rôles féminins riches et surprenants, autant dans la comédie que dans le drame. Je rêve aussi qu’on ne m’enferme pas dans un genre de cinéma, qu’on ne me colle pas une étiquette. Je rêve enfin de diriger, que ce soit en tant que réalisatrice ou en ouvrant une école de théâtre plus tard. Je n’ai pas encore expérimenté mais je suis très attirée par la direction d’acteur. 

Etes-vous aussi franche qu’Iris dans la vie ?

Tout dépend de la personne qui est en face ! Avec certaines, je vais pouvoir développer tandis qu’avec d’autres, je n’aurais pas l’énergie ni le temps. Mais contrairement à Iris, je me prends un petit peu moins la tête même si en regardant la série, je me suis rendu compte que je pensais parfois comme elle. Mais je ne creuse pas par convention et parce qu’on n’a pas forcément le temps de se questionner trop longtemps sur certains sujets. Exemple avec la première scène dans laquelle Iris (Doria Tillier) parle des bouchons de bouteilles. Je suis d’accord avec ça ! Mais je ne vais pas me prendre la tête. 

Comment est la Doria réalisatrice et la Doria actrice ?

J’étais assez impressionnée par elle. J’ai moi aussi des rêves de réalisatrice mais je n’y suis pas du tout. La voir réaliser et tenir le rôle principal d’une série, c’était impressionnant ! Etre dirigée par un autre acteur, c’est un vrai plaisir. Il se met à la place de l’autre et a cette sensibilité particulière. Il sait comment diriger parce qu’il a été lui-aussi à cette place-là, devant la caméra.

Odile (Pascale Arbillot), la collègue instit d’Iris, lui dit en parlant de son livre qu’elle ne supporterait pas les critiques de quelqu’un sur son travail. Et vous, que ressentez-vous face aux critiques ? 

C’est un peu paradoxal : on veut être regardés mais pas critiqués. Mais c’est impossible ! Évidemment, on regarde toujours davantage les critiques positives que négatives. Je vais dire quelque chose de bateau et très con, mais le principal, c’est d’avoir un socle et un entourage très présent. Vivre à travers les critiques n’est absolument pas constructif. Si je me trouve bien dans un projet, les critiques négatives me passent un peu au-dessus. Si je sais que je suis mauvaise, ça me blessera profondément. 

Vous avez commencé votre carrière sur Instagram, en postant des petits sketchs. Les critiques des réseaux sociaux, ça blinde ?

Pas tant que ça… Sur Instagram, je ne donnais pas assez à manger pour qu’on me critique. Je suis de moins en moins comme ça, mais quand j’ai commencé les vidéos, je voulais plaire à tout le monde. Lorsqu’on me disait que je faisais trop le personnage de la bourgeoise, j’en faisais un autre. Je n’avais pas non plus beaucoup de critiques physiques car je faisais exprès d’être moche et de me filmer en gros plan pour ne pas qu’on parle de mon corps. C’est en faisant la saison 4 de LOL : qui rit, sort ! (Prime Video) que j’ai reçu beaucoup de critiques sur mon physique, mes seins… L’émission n’était pas le projet de ma vie, donc ce n’est pas grave. Là, je suis fière de ce que je fais dans Iris. Si on me critique, je vais partir du principe que ça n’a pas plu et je l’accepterai. Ce qui fait le plus mal d’ailleurs, c’est lorsqu’on trouve qu’une critique négative est bien écrite, bien développée et intelligemment faite. Les personnes qui disent "elle joue mal", "elle est nulle" ou "elle est moche", franchement ça me passe au-dessus. 

Vous êtes aussi l’une des têtes d’affiche de la saison 1 de Culte (Prime Video), série qui cartonne et qui a été saluée par les critiques. Comment vivez-vous son énorme succès et sentez-vous déjà un impact sur votre carrière (contacts, projets proposés, etc) ?

Je suis très touchée par les retours sur la série. C’est également la première fois qu’on me complimente autant sur mon jeu, mais je tente de ne pas trop m’y attarder pour ne pas me perdre dans les limbes de l’egotrip, ce qui peut arriver sans prévenir et réduire la vision que l’on a de nous-même. Pour finir, j’ai en effet eu quelques propositions depuis que la série est sortie, mais disons que je n’ai pas encore trouvé chaussure à mon pied en termes de rôles. Peut-être suis-je devenue un peu plus gourmande après le plaisir indescriptible d’avoir joué un rôle féminin aussi bien écrit et aussi complet que celui d’Isabelle de Rochechouart.

 

Par
Pauline Hohoadji