Nautilus (France 2) – Que nous réserve cette série adaptée inspirée de l’univers de Jules Verne ?

Publié le 12 août 2024 à 7:45
VINCE VALITUTTI / DISNEY
Inspirée de l’univers de Jules Verne, Nautilus nous transporte, à travers des épisodes émaillés de naufrages et de créatures géantes, de l’océan Indien jusque dans les mers du Nord.

Et si le capitaine Nemo (Shazad Latif) était en fait un prince indien ? Et si, fou de rage, il s’était emparé du sous-marin Nautilus pour se venger de la Compagnie britannique des Indes orientales, responsable de la mort de sa femme et de sa fille ? Et s’il était accompagné d’un ingénieur français, Gustave Benoit (Thierry Frémont), l’inventeur du Nautilus ? Ou encore d’une lady britannique, promise à un mariage arrangé – qui profite d’un naufrage pour prendre la poudre d’escampette –, d’un géant barbu s’exprimant dans une langue inconnue et de tout un aréopage de personnages plus ou moins incongrus ?

Une adaptation des romans de Jules Verne

Commandée au départ par Disney+, sous forme d’une série en dix épisodes, Nautilus a finalement été délaissée par la plateforme de streaming, mais récupérée par France 2, qui diffuse donc cette adaptation très libre du célèbre roman d’aventures de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, paru en feuilleton entre 1869 et 1870 dans la revue enfantine Magasin d’éducation et de récréation. L’auteur de Cinq semaines en ballon et de Voyage au centre de la Terre se lance dans ce récit à la suite d’une lettre de l’écrivaine George Sand, véritable fan de ses romans, qui lui confie : « Je n’ai qu’un chagrin en ce qui les concerne, c’est de les avoir finis et de ne pas en avoir encore une douzaine à lire. J’espère que vous nous conduirez bientôt dans les profondeurs de la mer et que vous ferez voyager vos personnages dans ces appareils de plongeurs que votre science et votre imagination peuvent se permettre de perfectionner. »

Dans le livre, l’un des plus traduits au monde, il n’est pas question de la Compagnie britannique des Indes orientales, ni d’un prince indien, mais plutôt d’une créature monstrueuse, responsable de plusieurs naufrages meurtriers. Quand un scientifique renommé, Pierre Aronnax, émet l’hypothèse que ce soit un narval géant qui soit responsable de ces catastrophes maritimes, une grande chasse est organisée à travers les océans. Le Nautilus apparaît alors avec, à son bord, le taciturne capitaine Nemo… 

“JE SUIS LE DROIT, JE SUIS LA JUSTICE !” 

James Dormer, le showrunner, scénariste et producteur exécutif de cette adaptation, a pris très largement ses aises avec l’histoire originelle, même s’il est encore question d’un calamar géant au fil des épisodes, et qu’il reprend l’idée centrale que Nemo utilise le Nautilus comme une machine de guerre pour se venger de navires appartenant à une « nation maudite ». Dans son roman, Jules Verne faisait dire à son personnage s’adressant à Aronnax : « Je suis le droit, je suis la justice ! Je suis l’opprimé, et voilà l’oppresseur ! C’est par lui que tout ce que j’ai aimé, chéri, vénéré, patrie, femme, enfants, mon père, ma mère, j’ai vu tout périr ! Tout ce que je hais est là ! » Filmée en Australie, la série se la joue grand spectacle avec des séquences impressionnantes, censées se dérouler sous la mer, et avec nombre d’escales exotiques à travers le monde.  

Nautilus, lundi 12 août à 21h10 sur France 2

Par
Frédérick Rapilly