« Je n’ai pas du tout prémédité cette prise de parole. Je n’ai jamais voulu montrer ces photos ». C’est à cœur ouvert que Judith Chemla est revenue ce mercredi matin, sur France Inter, sur le post Instagram publié mardi dans lequel elle accuse son ancien compagnon de violences conjugales.
Interrogée par Léa Salamé, l’actrice vue dans Mes frères et moi (réalisé par son ancien compagnon) raconte le moment où tout a basculé. Confirmant que celui qui partageait sa vie a commencé à vriller pendant sa grossesse, elle confie : « Tout d’un coup, le corps de la femme leur appartient vraiment, il y a un être qui vient d’eux à l’intérieur… Il faut savoir tout de ce corps, comment il a été aimé et sali par d’autres. Parce que c’est sale, parce que lui considère qu’il fait des choses sales avec d’autres femmes ».
Affirmant l’avoir aimé et protégé pendant les 5 ans de leur vie commune même si elle est tombée amoureuse d’un autre homme sans que rien ne se passe, elle explique avoir porté plainte parce que son ex était « en état de nuire, même à d’autres femmes ». Revenant sur la nuit où il a lui a jeté un téléphone au visage, elle raconte que les policiers lui ont vivement conseillé de porter plainte « parce qu’après c’est le féminicide ».
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Si elle ne voulait pas faire cette démarche contre le père de sa fille, elle a le « déclic » le lendemain alors qu’il l’a « culpabilisée toute la nuit », lui disant notamment « qu’il n’aurait jamais dû avoir d’enfant avec elle ». « Il retourne toute la situation, pour lui c’est lui la victime », ajoute-t-elle en expliquant que la nuit du drame, il lui a juré qu’il avait pris des cachets pour ne plus être en état de nuire et qu’il était chez sa mère. Mais en arrivant chez elle, Judith Chemla se rend compte qu’il est toujours là. « Il m’attend et me dire de monter. Que se serait-il passé si j’étais montée ? », se demande-t-elle en précisant avoir passé la nuit chez une amie alors que son compagnon, selon elle, continuait à la « culpabiliser au téléphone ».
Si elle a fini par porter plainte, c’est pour se protéger elle-même mais aussi une autre femme. « On me dit que cette femme a une relation depuis deux ans avec un homme qui menace de détruire sa vie. Et c’est lui ». Mais c’est aussi pour protéger sa fille qui, selon elle, est manipulée par son père. « Je me battrai pour qu’elle sache qu’elle doit se protéger et lui pour qu’il comprenne que s’il ne change pas, sa fille sera une femme battue consentante ». « Ne retirez jamais une plainte que vous déposez », lance-t-elle par ailleurs à toutes les femmes victimes comme elle en révélant qu’elle a avorté d’un enfant après avoir déposé sa première plainte contre son ancien compagnon.
Clara Kolodny