“Travaille ou tu finiras clochard” : Jean Dujardin se confie sur son “angoisse” de l’abandon depuis l’enfance

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:25
Berzane Nasser/ABACA
À l’affiche du remake français de L’Homme qui rétrécit, l’acteur confie, à Ciné Télé Revue, avoir été rattrapé, en travaillant sur ce projet, par une vieille peur d’enfant : celle de l’abandon et de la survie. 

Avec L’Homme qui rétrécit, Jean Dujardin s’aventure dans un territoire inattendu. Ce remake du classique américain de 1957, signé cette fois par Jan Kounen, mêle science-fiction et vertige existentiel. Et c’est l’acteur lui-même qui a été à l’origine du projet. "Effectivement, c’est moi qui ai enclenché le projet. C’est curieux comme sensation, c’est le spectateur en moi qui a ordonné à l’acteur d’y aller", raconte-t-il. Et d’ajouter : "J’ai demandé à mon producteur de regarder si les droits étaient disponibles, en lui disant que ce serait bien que Jan Kounen réalise, qu’Alexandre Desplat fasse la musique"

Une histoire qui réveille ses angoisses d’enfant

S’il a voulu revisiter ce film, c’est parce qu’il y a reconnu quelque chose de profondément humain. "Je me souviens l’avoir vu ado, et en le revoyant, j’ai éprouvé le même sentiment de compassion pour ce personnage. J’y vois un concentré de nos angoisses. Notamment celle d’être abandonné", confie Jean Dujardin. Une peur qu’il admet connaître intimement… "Chez moi, c’est une angoisse d’enfant. Dans les années 70, on me disait : ‘Travaille ou tu finiras clochard’. J’avais regardé ces pauvres bougres essayant de survivre, et ça m’avait bouleversé", avoue-t-il avant de poursuivre : "Vivre, ça allait être ça, essayer de survivre, c’est tout ? Ça m’est revenu avec ce film. Le rétrécissement est une métaphore pour un grand nombre de choses, c’est assez universel"

Une œuvre sur la solitude et la fragilité

À travers ce personnage minuscule qui tente de retrouver sa place dans un monde devenu immense, Jean Dujardin explore une nouvelle fois le thème de la solitude, qu’il dit porter en lui depuis longtemps. "Elle a toujours été là, depuis Brice de Nice. Je joue beaucoup de personnages en ‘circuit fermé’, seuls physiquement ou dans leurs obsessions ou leur bêtise… Je vous avoue que je ne sais pas pourquoi. J’ai sûrement quelque chose à régler, mais je ne sais pas quoi", s’amuse le comédien. Quand nos confrères de Ciné Télé Revue lui parlent de la peur de "passer de mode", l’acteur balaie la question sans détour. "Non, alors là, je peux vous dire, le fait de changer, la façon dont on me voit, ça m’indiffère, je n’essayerai jamais de courir après quoi que ce soit. Mes problèmes d’ego sont réglés", assure-t-il. 

Par
Kahina Boudjidj