"C’est l’histoire d’une étoile qui vacille. C’est une voix dans la nuit, monologue improbable et dialogue rêvé. Elle est seule et elles sont deux : Marilyn Monroe et Isabelle Adjani se parlent, s’écoutent, se précèdent, se suivent, s’accompagnent. Elles disent alors des choses qu’elles n’ont jamais dites à personne. Où commence l’une, où finit l’autre ? Vertige". C’est ainsi qu’est présenté "Du côté de chez Marilyn", un livre co-écrit par Isabelle Adjani et Olivier Steiner, sorti en octobre dernier. A cette occasion, l’actrice s’est livrée à nos confrères du magazine Rolling Stone. Si elle est revenue sur la genèse de ce projet, elle s’est aussi confiée sur sa solitude, sa vie amoureuse mais aussi son rapport à la psychanalyse, tant de points communs avec Marilyn Monroe.
Isabelle Adjani face au célibat
"La très grande notoriété, paradoxalement, peut vous permettre de rencontrer qui vous voulez, mais entrave en même temps la véritable rencontre. Au temps de Marilyn, c’était encore plus cruel car les stars étaient encore verticales, aujourd’hui, grâce et à cause de l’horizontalité des réseaux sociaux, les stars sont un peu redescendues du mont Olympe, pour le meilleur et pour le pire", a-t-elle d’abord confié. Puis de poursuivre : "Le célibat ? Je vis la solitude depuis des années, quant à moi, et ça ne date pas d’hier, car elle a pu exister aussi quand j’étais en couple". Sur un autre sujet, Isabelle Adjani s’est exprimée sur son rapport à la psychanalyse et son souhait justement d’y avoir recours.
L’actrice se livre sur la psychanalyse
"L’inconscient n’est pas au courant que nous jouons la comédie", écrit-elle dans son ouvrage. Et de s’exprimer sur ce passage et l’impact de la psychanalyse sur sa carrière. "Comme je le dis dans le livre, c’est pas compliqué, je n’avais plus le choix ! Trauma, quand tu nous tiens. Il me fallait me sauver. Pour ça, il fallait tout revoir, plonger au plus profond, chercher une solution ‘enracinante’, c’est pour ça que je me suis tournée vers l’analyse", a-t-elle détaillé à Rolling Stone.
Elle a poursuivi : "Comme Marilyn, je ne suis pas une intellectuelle, mais je crois que, comme elle, je ne suis pas dépourvue d’intelligences au pluriel, surtout quand il y a urgence ou péril en la demeure. A ce moment-là, l’instinct de survie se réveille et c’est fou la force qu’il peut déployer ! Malheureusement, Marilyn n’a pas eu beaucoup de chance avec la psychanalyse – pour comprendre il faut lire le si beau roman de Michel Schneider, Marilyn, dernières séances. C’est lumineux !".
Plus chanceuse donc, Isabelle Adjani reconnaît être tombée sur "un psychanalyste beaucoup plus empreint de déontologie et d’éthique". "Figurez-vous que Marilyn dormait chez son psychiatre qui la surveillait et venait chez elle le soir pour lui faire des piqûres de tranquillisants, et amphétamines le matin. Au secours ! Quant aux effets de l’analyse sur le jeu, mystère… mais ça, c’est quelque chose dont une actrice ne doit surtout pas s’occuper ! L’art dramatique est affaire d’abandon, il faut savoir ignorer ce que l’on sait, et puis y aller, plonger !", a-t-elle conclu.