Sofiane Zermani (Fianso) s’exprime sur sa “dualité schizophrénique” entre rap et cinéma

Publié le 2 septembre 2024 à 10:27
Courdji Sebastien/ABACA
Sofiane Zermani que l'on a d'abord connu sous son pseudonyme de Fianso s'apprête à revenir sur nos écrans pour un tout nouveau film : "Barbès, Little Algérie", de Hassan Guerrar. L'acteur s'est confié sur sa carrière au cinéma et sur la dualité qu'il ressent avec celle qu'il a eue dans le rap. 

On l’a connu sous le pseudonyme de Fianso, le rappeur devenu acteur de son vrai nom Sofiane Zermani s’apprête, une nouvelle fois, à crever l’écran cette fois-ci dans le dernier film de Hassan Guerrar, "Barbès, Little Algérie". Présent au festival d’Angoulême, l’artiste a accepté de se confier à nos confrères de Paris Match sur ce film mais aussi sur sa carrière de rappeur et d’acteur. Ce qui l’a séduit dans ce long-métrage ? "Hassan (Guerrar, le réalisateur NDLR) et moi nous nous étions rencontrés deux trois fois mais il a eu une révélation, un coup de cœur, quand il a vu une vidéo que je lui avais envoyée pour prendre de ses nouvelles. Il m’a dit : ‘je veux que ce soit toi, Malek’ et on a construit ensemble le personnage. Cela s’est fait donc très naturellement", a-t-il détaillé.

Fianso et Sofiane, deux artistes différents ?

Le pitch ? "Malek, la quarantaine, célibataire, vient d’emménager à Montmartre et accueille bientôt chez lui son neveu Ryiad fraîchement arrivé d’Algérie. Ensemble ils découvrent Barbès, le quartier de la communauté algérienne, très vivant, malgré la crise sanitaire en cours. Ses rencontres avec les figures locales vont permettre à Malek de retrouver une part de lui qu’il avait enfouie, et de se réconcilier avec ses origines". Nos confrères ont demandé à l’acteur s’il n’était pas difficile de porter une étiquette de rappeur dans le monde du cinéma et le réponse ne s’est pas faite attendre. "Énormément. Mais j’ai une étiquette et une identité qui me conviennent très bien. Je suis très fier de venir du monde du rap et de ce que cela m’a apporté. L’évolution de ma carrière au cinéma, elle prendra le temps qu’elle prendra, mais là je pense que j’en suis entre dix et quinze projets cinématographiques, théâtraux et des séries, donc cela commence à s’installer", a-t-il confié à Paris Match

Et Sofiane Zermani de poursuivre : "J’ai toujours mes preuves à faire, je viens toujours sur les tournages avec énormément d’humilité. Je ne suis pas Fianso sur un plateau de cinéma. Je vis dans une espèce de dualité schizophrénique complètement assumée. Il y a Fianso et Sofiane. L’important, c’est de garder une démarche d’honnêteté". L’acteur a expliqué qu’il n’avait d’ailleurs pas eu beaucoup de modèles de chanteurs qui sont passés de la musique au cinéma. Il a précisé : "En réalité, c’est très dur de passer outre ce syndrome de l’imposteur qu’on peut avoir quand on est dans un domaine artistique et qu’on essaie d’aller se faire plaisir dans un autre. Ce que Coluche a réussi à faire dans ‘Tchao Pantin’, c’est presque traumatisant pour moi (rires)". "Le rôle de Joeystarr dans ‘Polisse’ m’a énormément aidé à me projeter. Je pense que c’est le plus grand fait d’armes d’un rappeur dans le cinéma français", a-t-il conclu. 

Par
Kahina Boudjidj