Acteur français reconnu pour sa carrière prolifique au cinéma et au théâtre, François Cluzet fait son grand retour sur les planches. Le comédien s’illustre dans "Encore une journée divine", pièce dans laquelle il joue un psy interné à son tour. A cette occasion, il a accordé un entretien à nos consoeurs du magazine Version Femina dans laquelle il se confie sur ce retour mais aussi sur ses rêves d’enfant de jouer la comédie. "A 6 ou 7 ans, je me cherchais déjà un pseudonyme. Un jour, j’ai trouvé : « François Premier », comme la revanche du gamin qui n’a jamais été leader à l’école. J’ai mis ça sur la porte de notre chambre, mais mon grand frère m’a dit : ‘Ça existe déjà !’ J’étais écœuré que l’on m’ait piqué mon idée", a-t-il d’abord raconté.
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François Cluzet et son souhait de revanche
"En tout cas, j’ai vite eu conscience qu’il me fallait un métier où je me surpasse pour recevoir l’amour dont j’avais manqué et prendre ma revanche sociale. Je ne voulais plus livrer de journaux dans le noir et le froid, avoir peur…", a-t-il ajouté. S’il a toujours eu des envies de cinéma ? Affirmatif. "Quand j’ai commencé, l’intérêt porté aux gravures de mode s’était déplacé sur des petits gars normaux comme moi, auxquels le public pouvait s’identifier. J’ai fait ce métier pour être aimé et changer de statut social. J’y suis arrivé, mais désormais je n’attends rien du cinéma", a-t-il confié.
Et de reprendre : "En vieillissant, le spectre des rôles s’est réduit, et sur les tournages on me sert du ‘monsieur’ avec le respect que l’on accorde aux anciens. Des acteurs plus jeunes tiennent la barre, c’est une évolution normale, et je n’en tire aucune frustration. D’ailleurs, je pourrais ne plus tourner pour ne faire que du théâtre. Je crois fondamentalement au sacré de la scène, à l’oxygène, au temps, au rire et à l’émotion partagés avec le public".
"Je n’ai plus besoin de travailler"
Concernant son envie de retourner à ses amours du cinéma ? "Je n’ai plus besoin de travailler, mes enfants sont grands, je vis dans le Midi, j’ai tout ce qu’il me faut. Je n’irai jamais faire un film pour l’argent, et je ne me tairai pas face à certains comportements. Au cinéma, sous prétexte que l’on dit ‘Moteur !’, l’acteur peut être vulgaire, colérique, maltraitant avec un assistant ou une jeune actrice", a expliqué François Cluzet. Puis de conclure : "Je ne le supporte pas et je lui dis tout haut quel sale type il est. Après avoir été cinquante ans dans le métier, je fais ce qui me semble juste, c’est viscéral. Je me revois gamin, être méprisé… Aujourd’hui, avant de me lancer, j’ai besoin de sonder la personne, voir si elle a du cœur".