Première surprise de ce spectacle, vous avez abandonné le rouge, votre couleur fétiche. Pour quelle raison ?
Anne Roumanoff : J’ai passé trente ans en rouge. J’avais envie de changer. Mais je porte quand même des couleurs vives. Le rouge, à un moment, ça vous étouffe ! J’agis en fonction de ce que je ressens. Et là, j’avais comme une lassitude.
Dans ce spectacle, vous évoquez la crise sanitaire et ses conséquences, dont le surpoids dû au confinement. On sent le vécu… L’avez-vous écrit pendant cette période ?
Non, j’avais fait une première version en 2019 que j’ai très peu jouée à cause, justement, du confinement. Quand j’ai repris, en 2021, je me suis dit : "Tout a changé, je ne peux pas refaire le même spectacle." Je l’ai donc réécrit.
Comment l’avez-vous vécue, cette pandémie ?
Ça a été particulier, puisque j’ai attrapé trois fois le Covid. Mais contrairement à beaucoup d’artistes, je n’ai pas connu la dépression, car j’ai été très occupée, à la limite du burn out. J’ai créé une association, Solidarité avec les soignants, qui existe toujours. On a récolté des fonds pour eux. J’étais aussi à la radio… Cela a été une période exaltante, la scène ne me manquait pas, au point que lorsqu’il a fallu y revenir, à partir de juillet 2021, je me suis demandé si j’aurais encore du plaisir à me produire. Dès que j’ai remis les pieds sur scène, j’ai été rassurée, l’envie était toujours là.
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Vous posez un regard aiguisé et corrosif sur la société du numérique : le télétravail, les rencontres amoureuses, le traçage avec les cookies, le narcissisme… Regretteriez-vous le monde d’avant ?
Je ne suis pas du tout nostalgique. D’ailleurs, je n’ai jamais été aussi épanouie qu’aujourd’hui. Je ne pose pas de jugement de valeur, je fais juste un constat sociologique. J’observe les différents changements de comportements que l’avènement du numérique a induits.
Dans ce spectacle, vous évoquez aussi votre divorce, une expérience que vous semblez avoir vécu positivement…
Je ne raconte jamais ma vie dans mes spectacles. Je prends des éléments que je transforme. Vingt-cinq ans de vie commune, ça ne se raye pas d’un trait de plume. Le divorce, ça reste un traumatisme. Chacun le vit différemment. En ce qui me concerne, cela a été comme un renouvellement, le début d’une nouvelle vie.
D’ailleurs, n’aviez-vous pas l’intention de réaliser une comédie sur le sujet ?
C’est en bonne voie. J’espère que cela se fera cet été. Devenir réalisatrice est un projet qui me tient à coeur. J’interpréterai le rôle principal, une conseillère d’éducation dans un collège catholique.
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Avez-vous d’autres projets ?
Sur une proposition du groupe Canal+, je prépare un spectacle pour mes 35 ans de carrière, prévu le dimanche 4 décembre à l’Olympia, à Paris. J’accueillerai, pour l’occasion, vingt comédiens, parmi lesquels Nicolas Canteloup, Elie Semoun, Laurent Ruquier, Jean-Luc Lemoine, Christelle Chollet, Caroline Vigneaux, Isabelle Vitari, Alex Vizorek, Virginie Hocq… Ce sera un moment festif, de joie et de partage.
Tout va presque bien – Bobino 2022 : mardi 6 décembre à 21h25 sur TMC
INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI