“Pour eux, on est encore des petits rebeus de cité” : Ramzy Bedia s’exprime sur le racisme dans le milieu artistique

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:31
Berzane Nasser/ABACA
Pour la sortie de Classe Moyenne ce mercredi 24 septembre, Ramzy Bedia a livré un regard sans détour sur sa place dans le cinéma français. Issu d’un milieu modeste, l’acteur confie être encore parfois perçu avec condescendance, comme si son succès n’était qu’un hasard. 

A l’affiche de Classe Moyenne d’Antony Cordier, ce mercredi 24 septembre, Ramzy Bedia y interprète Tony Azizi. A cette occasion, il s’est confié mardi 23 septembre à Mouloud Achour dans Clique sur ce rôle mais est aussi revenu sur une période sombre de sa vie : son passage en hôpital psychiatrique. Ramzy a raconté avoir "fait trois mois de psychiatrie". La raison ? "Parce que j’ai essayé de me faire réformer de l’armée, et du coup j’ai fait le fou. Ils m’ont réformé, j’ai dit : ‘ah, super’. Ils m’ont dit : ‘ouais, ouais, mais tu vas en psychiatrie civile’. Et donc j’ai fait trois mois en psychiatrie", a expliqué l’acteur. 

Ramzy Bedia sur son passage en hôpital psychiatrique 

Il s’est également souvenu : "On te met les cachetons dans la bouche, tu lèves la langue, ils surveillent, c’est trois Tranxenes, des Lexomils, tous ces trucs-là". Puis de confier : "J’étais un zombie. Tous les 15 jours, on voyait un psy, et à chaque fois que je le voyais, je disais : ‘mais je suis pas fou, je faisais le con pour l’armée’. Il fait : ‘ouais, ouais, c’est bon’, il retamponnait, je repartais pour 15 jours".

"Et à force d’être sédaté, je devenais un zombie, et au bout de trois mois, je suis rentré dans le bureau et je lui ai dit : ‘si vous remettez ce tampon-là, il va se passer quelque chose de grave. Et je ne suis pas suicidaire’. Je me rappelle cette phrase. Et là, il a pris le tampon, il me fait aller dehors. Voilà comment je suis sorti", a-t-il raconté à Mouloud Achour. 

"Des petits rebeus de cité" ? L’acteur revient sur le regard porté sur lui dans le milieu du cinéma

Sur un autre registre mais toujours à l’occasion de la sortie du film d’Antony Cordier, le frère de Melha Bedia a accordé un entretien à nos confrères du Parisien. Le film portant sur la lutte des classes, il a expliqué le regard que certaines personnes du milieu artistique peuvent encore avoir sur lui qui vient d’un milieu modeste. 

"Quand je suis avec des riches, je m’adapte très bien, tout le monde n’y voit que du feu. Et tout d’un coup, la condescendance me tombe dessus. Les gens sont persuadés qu’on est un peu bébête, qu’on n’a pas de culture. Avec Éric (Judor), on a fait de la comédie très burlesque et on a souvent été pris pour nos personnages", a-t-il regretté.

Puis d’enfoncer le clou : "Dans le cinéma, certains n’aiment pas qu’on marche sur leurs plates-bandes. Pour eux, on est encore des petits rebeus de cité qui ont eu un coup de chance". Ramzy Bedia l’assure et ce malgré les regards et les tons condescendants, "c’est une grande fierté". "Il y a tellement de choses bien qui sortent des quartiers. Je ne serais pas là aujourd’hui si je n’avais pas grandi en cité. J’adore mon parcours", a-t-il conclu. 

Par
Kahina Boudjidj