Philippe Risoli : « Je suis encore capable de réaliser mon célèbre lancer de micro ! »

Publié le 29 août 2023 à 8:14
Abaca
L’animateur-phare des années 90 raconte sa saga familiale et son parcours dans un livre bouleversant, "Dites bien à mon fils que je l'aime".

Une enfance humble mais heureuse

Retiré de la télé depuis 2012, Philippe Risoli a entamé depuis une carrière fructueuse de comédien. L’animateur vedette des années 90 qui a notamment fait les riches heures de TF1 avec le Juste prix fêtera le 9 septembre ses 70 printemps. Le temps est venu pour lui d’ouvrir l’album des souvenirs et rédiger ses mémoires. Il nait à Paris en 1953. Pierre, son père, fils de réfugié italien est ouvrier typographe. Thérèse, sa mère, bretonne, est secrétaire de direction dans une revue nautique. Durant cette période d’après-guerre, la famille vit dans le XVIIIe arrondissement parisien entre la Porte de Clignancourt et la Porte de Saint Ouen où elle occupe un modeste logement sans salle de bain ! Ça reste malgré tout un beau souvenir pour l’intéressé… "Eh oui, la toilette se faisait dans l’évier. L’appartement était petit. Je partageais mon lit avec ma grand-mère. Le terrain de jeux de mon enfance était la zone qu’occupe aujourd’hui le périphérique. On jouait avec n’importe quoi. Le bois des cageots servait à nous fabriquer des épées. J’ai voulu décrire cette France populaire d’après-guerre. Une France modeste, travailleuse mais finalement heureuse. Je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas aujourd’hui. Ce livre est dédié à mes parents. J’avais promis à mon père qu’un jour je raconterai notre histoire" confie Philippe Risoli.

Déclaration d’amour

Le livre débute d’ailleurs par la mort de son père en juillet 2021 à 93 ans d’un cancer de la plèvre. Ses derniers mots à l’infirmière furent : "Dites-bien à mon fils que je l’aime". Une déclaration d’amour ultime qui sert de titre à ces mémoires. L’intéressé se souvient : "J’ai trouvé cette phrase bouleversante parce qu’avec mon père, on ne s’était jamais dit qu’on s’aimait. Il m’avait juste ordonné la veille : « Vas-t-en ! Je ne veux pas que tu me vois mourir. »"

Le réveillon du 24 décembre 1965 sert de fil rouge à cette autobiographie. Un choix que l’auteur explique ainsi : "J’avais 13 ans, l’âge où l’on n’est plus un enfant mais pas encore un adulte. J’entrais dans l’adolescence. Et puis Noël est une réunion de famille. Du coup ça permettait de décrire les oncles, tantes, cousins qui ont aussi beaucoup compté pour moi. Et puis, ce réveillon était le prétexte à une ouverture sur beaucoup de sujets qui me tenaient à cœur : les voyages, la radio et la télévision. Ah les programmes de fêtes !" Philippe Risoli est en effet très tôt fasciné par les médias. "Dès mon plus jeune âge, j’ai été fasciné par la radio et la télé, la TSF d’abord, puis très vite le transistor et enfin la télévision. Une passion qui ne me quittera jamais jusqu’à aujourd’hui. Je suis resté un grand téléphage. J’ai voulu raconter comment sans appui avec juste la passion chevillée au corps j’ai pu de fil en aiguille accéder à mon rêve. » confie-t-il.

Assistant de Sim

Au début des années 80, le jeune homme qui se destinait à devenir avocat tourne le dos à la carrière juridique pour se lancer dans celle d’animateur Radio. D’abord à Sud Radio puis France Inter où il devient speaker avant de rejoindre Jacques Pradel où il réalise des reportages pour l’émission Adrénaline. Il sera aussi salarié de Pierre Bellemare pour lequel il réalise grâce à son sens de la débrouille des reportages qui sont ensuite vendus clé en main aux radios FM.

Ses débuts à la télévision, Philippe Risoli les fera en 1984 dans Cocktail Maison, un divertissement estival. Il est alors engagé comme assistant de production auprès de Georges Folgoas, grand réalisateur des années 60/70. Un excellent souvenir pour l’intéressé : "L’animateur était Sim, mais celui-ci ne connaissait pas la nouvelle génération d’artistes. Du coup, j’étais chargé de lui faire un topo sur nos invités. Nous recevions entre autres Céline Dion, Mylène Farmer, Marc Lavoine, Patrick Bruel. De fil en aiguille, je suis devenu son assistant personnel. Jusqu’à présent, je n’en avais jamais parlé. J’allais chercher les artistes chez eux, je leur servais le café. Mais ce boulot m’a permis d’étoffer mon carnet d’adresse et d’avoir des informations capitales. C’est ainsi que j’ai appris qu’un casting se préparait pour une émission qui arrivait sur la nouvelle chaine Canal+. Elle s’appelait Star Quiz et j’y ferais mes débuts d’animateur en 1986. »

Philippe Risoli évoque aussi l’univers impitoyable de la télévision et les dégâts que cela peut générer chez ceux ou celles qui s’en trouvent exclus… "J’évoque mes rencontres avec Denise Glaser et Jacqueline Huet, deux grandes figures de la télé oubliées. La première, l’intervieweuse élégante de Discorama avec son boa et son fume-cigarette est morte seule et dans le dénuement et la seconde, qui avait été autrefois mannequin, speakerine, qui connaissait le monde de l’accordéon sur le bout des ongles s’est suicidée. Ces femmes avaient illuminées ma jeunesse."

Si l’ancien animateur avoue avoir traversé des moments difficiles après l’arrêt du Juste Prix en 2001, il a pu surmonter cette période grâce à l’amour de sa famille. Il ne peut s’empêcher toutefois de déplorer les propos de Michel Drucker qui le faisait figurer dans une liste d’animateurs qui avaient "dévissé". "J’aime bien Michel, poursuit-il, mais je tiens à lui signaler qu’en aucun cas j’ai dévissé. Je n’ai commis aucune faute. Le Juste Prix marchait très bien. En 2001, on est passé à l’euro, du coup les candidats de ce jeu qui était basé sur la monnaie étaient totalement perdus. Etienne Mougeotte, (ndlr : directeur de l’antenne de TF1) m’a alors proposé soit une émission caritative le dimanche après-midi car il me trouvait très fédérateur et convaincant soit une grosse émission de variétés en prime time. Mais entretemps est arrivée la Star Academy… Je m’arrête là car ce sera le sujet du deuxième tome de mes mémoires.»

Quant à son retour à la télé, l’idée n’obsède pas l’ancien animateur qui fêtera ses 70 ans dans quelques jours : "Je me sens en pleine forme. Je suis encore capable de réaliser mon célèbre lancer de micro (rires). Je peux prendre les rênes d’une émission demain sans aucun problème. D’ailleurs, regardez Pierre Lescure qui m’a embauché à Canal+, il est resté fringant, idem pour Philippe Labro. Michel Drucker est toujours sur son canapé, Jean-Pierre Foucault continue à présenter les Miss France. Attention, je ne suis pas en train de dire que je cherche du travail à la télé. Mais si on me propose un projet que je trouve intéressant, pourquoi pas ?"

Par
Hacène Chouchaoui