Paul El Kharrat (Les 12 coups de midi) se confie sur ce traitement qu’il doit prendre “ad vitam aeternam”

Publié le 23 mai 2025 à 9:20
Vim/ABACA
Révélé en 2019 dans Les 12 coups de midi, Paul El Kharrat fascine autant par son intelligence hors norme que par sa fragilité. Atteint du syndrome d’Asperger, il est revenu dans le podcast Le(s) Déclic(s) sur le livre qu'il a co-écrit avec sa mère, où il dévoile sans filtre les coulisses de son quotidien et a évoqué ce traitement qu'il devra prendre toute sa vie. 

Depuis qu’il est apparu dans Les 12 coups de midi en 2019, Paul El Kharrat est devenu un visage familier du grand public. À seulement vingt ans, le jeune grenoblois a impressionné par sa mémoire prodigieuse, sa culture encyclopédique, et surtout par ses performances hors normes qui l’ont mené jusqu’à la cinquième place des plus grands Maîtres de midi, avec un gain de 691 522 euros et plusieurs voitures à la clé ! Rapidement repéré, il rejoint la bande des Grosses Têtes de Laurent Ruquier, où il s’est imposé comme un chroniqueur atypique et érudit. Mais derrière ce succès se cache une réalité plus complexe…

Paul El Kharrat face au synderme d’Asperger

Diagnostiqué tardivement du syndrome d’Asperger à l’âge de 16 ans, Paul vit depuis l’enfance avec un trouble autistique qui a bouleversé sa trajectoire. Dans les coulisses de ses apparitions médiatiques, sa famille — et notamment sa mère, Sophie El Kharrat — joue un rôle essentiel. C’est elle qui organise ses déplacements à Paris, qui veille à sa logistique, et qui, aujourd’hui, co-signe avec lui Atypiques, un ouvrage publié chez Harper Collins. Ce livre, fruit d’un dialogue mère-fils, vise à éclairer le quotidien de celles et ceux qui vivent avec l’autisme, mais aussi de leurs proches.

Dans le podcast Le(s) Déclic(s), Paul El Kharrat s’est livré avec franchise sur son hypersensibilité et son rapport au monde extérieur : "Je suis très rapidement fatigué de toutes les sollicitations extérieures qu’on m’impose. J’ai la batterie qui se décharge vite, du coup j’ai souvent besoin de rester seul dans une chambre". Une confession qui révèle la lutte permanente entre sa vie publique et ses besoins personnels. Face à cette hypersensibilité et aux troubles associés (TOC, épisodes dépressifs), Paul a longtemps rejeté les traitements chimiques proposés par les médecins. "Se dire toute ma vie j’aurai besoin de cette béquille chimique, c’est une idée qui lui est insupportable", raconte sa mère.

L’écrivain parle de ce traitement qu’il devra prendre à vie

Finalement, conscient de l’équilibre fragile entre sa santé mentale et ses engagements professionnels, il a finalement accepté de suivre un traitement. Un choix qu’il assume aujourd’hui, sans illusion : "Ça ne s’arrêtera pas jusqu’à contre-indication, mais ça s’annonce pas très bien, donc ad vitam aeternam je prendrai ce traitement, jusqu’à la fin. C’est toujours une lutte et je ne suis même pas sûr d’en sortir vainqueur à chaque fois"

Le traitement agit comme un stabilisateur d’humeur, permettant à Paul de continuer ses activités dans les médias. Mais les défis restent nombreux… "Du moment que je prends le médicament quotidiennement, il n’y a pas de raison que ça se passe mal. Même s’il y a toujours des rechutes, parce que l’anxiété extérieure est plus importante en fonction des journées et de l’actualité qui me met dans un état de grande angoisse et de grande colère", a-t-il détaillé. 

Par
Kahina Boudjidj