Elle est l’une des grandes chances de médaille française lors des prochaines olympiades. Clarisse Agbégnénou, 30 ans, n’est autre que la judokate la plus titrée de l’histoire de France, quintuple championne du monde et championne olympique en titre. Devenu maman il y a quelques mois, la jeune femme a accepté d’évoquer son parcours, parfois semé d’embûches, dans une interview accordée à nos confrères du Parisien. Elle a notamment révélé avoir été victime de misogynie. "Le judo étant un sport de combat, on m’a souvent dit que ce n’était pas pour les filles, que j’allais me faire mal", a-t-elle déploré en préambule. "Quand je gagnais, on m’expliquait que le niveau n’était pas aussi élevé que chez les garçons. J’ai pourtant participé à des tournois mixtes, plus jeune, et je les battais aussi ! Ça les a tellement agacés qu’à un moment, ils ont décidé que je n’avais plus le droit de concourir contre des garçons", s’est-elle remémorée avec amusement.
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"Aujourd’hui, on ne me fait plus ce genre de remarques. Mais on continue d’exiger de nous, les femmes, une régularité absolue en termes de performance. On est sous la pression constante du résultat, on n’a pas le droit au faux pas, au coup de mou. On doit prouver que notre niveau n’est pas moindre, que notre réussite n’est pas le fruit du hasard. Qu’elle a, en gros, la même valeur que celle d’un homme", a continué Clarisse Agbégnénou. La judokate a également évoqué la maternité et l’impact d’une telle décision sur sa carrière. "Mon désir était trop fort. J’ai toujours pensé que je pouvais mener ces deux projets de front, la maternité et les Jeux olympiques", a maintenu la sportive de 30 ans. Celle qui était la porte-drapeau de la délégation tricolore à Tokyo tentera, lors des Jeux de Paris qui auront lieu du 26 juillet au 11 août prochain, de remporter sa troisième médaille d’or olympique après celles en individuel et par équipes en 2020.
L.C