Vous êtes un véritable couteau suisse ! Chanteuse, comédienne, animatrice, pianiste, accordéoniste et même chroniqueuse, comment jonglez-vous entre vos différentes casquettes ?
Magali Ripoll : C’est simple. Je fais un petit peu de tout, pas très bien et puis ça passe (rires). Non, je plaisante. En fait, je me laisse guider et au fur et à mesure du temps… Peut-être que ça sert à ça d’avancer dans l’âge, de mûrir et de commencer à semer des petites graines par-ci par-là. Parce qu’au fur et à mesure du temps, on m’appelle pour des choses qui réunissent à chaque fois le maximum de disciplines que vous venez d’énumérer. C’est-à-dire qu’on m’appelle de moins en moins pour uniquement jouer de l’accordéon, uniquement jouer du piano et venir chanter. À chaque fois, c’est plein de petits ingrédients comme ça qui s’ajoutent les uns aux autres. Et moi, ça me va très bien parce que le côté ‘couteau suisse’, j’adore ! Ce terme me convient bien parce que c’est quelque chose d’efficace et puis, j’aime bien être dans la multi-activités.
À lire également
Vous officiez dans N’oubliez pas les paroles depuis 2007, avez-vous déjà eu envie de partir ?
Je n’ai pas forcément eu envie de partir, mais j’ai déjà eu la sensation de tourner un petit peu en rond et d’être arrivée au bout de ce que je pouvais faire mais ça, c’est parce que N’oubliez pas les paroles, c’est le seul et unique projet de ma vie dans lequel je suis depuis aussi longtemps (rires). Moi, j’aime bien butiner, travailler avec des équipes différentes, faire des nouveaux projets et je l’ai toujours fait en dehors de N’oubliez pas les Paroles. J’ai eu cette sensation de mouliner mais c’est parce que je faisais moins de choses à côté. Ça m’est donc passé et je ne suis pas prête de quitter l’aventure (rires).
Vous semblez tellement à l’aise sur le plateau, ça se passe comment avec Nagui ?
Vous le savez sûrement mais tout est un peu exacerbé dans cette émission et à la télé (rires), mais c’est vrai qu’on se taquine beaucoup. On s’envoie des messages avec des trucs rigolos, des photos rigolotes. Vraiment, on est sur la boutade à 80 % du temps. Et puis, on a des conversations très sérieuses aussi, soit parce qu’elles sont professionnelles, soit parce qu’elles sont sur des thèmes plus graves. On échange sur plein de choses. Mais c’est vrai qu’il y a ce côté taquin et basé sur l’humour. C’est la tonalité de nos échanges en général et avec Fabien [Haimovici] aussi. Je pense que c’est ce qui se ressent quand on regarde l’émission.
Comment vous préparez-vous pour les chansons sur lesquelles vous accompagnez les candidats ?
Alors on ne découvre pas les chansons le jour J, sinon, je pense qu’il y aurait encore plus de fausses notes que ce qui est déjà le cas dans l’émission (rires). On s’entraîne en amont en moyenne deux ou trois semaines avant les tournages d’une session de quelques jours de tournage de plusieurs émissions. La rédaction nous envoie les tableaux des chansons et on les répète entre musiciens. Effectivement, on a un certain nombre de jours de répét’ en fonction des nombres de jours de tournage. Et puis, on prépare nos chansons, soit pour réactiver et faire tourner les chansons qu’on a déjà faites. L’autre jour, Maurice, le bassiste que l’on surnomme Momo, a employé une superbe comparaison. Il a dit : ‘C’est comme les footballeurs, ils jouent un match mais ils s’entraînent’. Je me suis dit : ‘Yes, comparons-nous à des footballeurs’. En fait, on s’entraîne vraiment toujours à faire tourner les chansons. Parfois, on agrémente, on met des cuivres là où il y en a pas forcément parce qu’on a envie de changer un petit peu les arrangements. Parfois, on se dit : ‘Tiens, l’introduction de telle chanson, elle est un peu courte, c’est dommage. Ça vaut le coup de faire deux fois plus long comme l’originale parce qu’il y a un joli thème à jouer’. Et puis, on a quand même entre cinq et dix nouvelles chansons par mois. Quand il y a des nouveaux titres qui sortent, la rédaction est très à la page.
À lire également
Par rapport à votre expérience en tant que chanteuse, vous avez sorti un premier album en 2016. Envisagez-vous d’en sortir un autre ?
Pas du tout (rires). C’est mon premier album et c’est certainement le dernier. En fait, c’est très simple, avec le recul, je le sais depuis quelques années, j’aurais hyper mal vécu le fait de ne pas faire d’album. C’est comme quelque chose que je n’aurais pas craché, un truc que je n’aurais pas matérialisé, ça serait passé dans un coin de ma tête et j’aurais peut-être eu une petite aigreur par rapport à ça. Et puis, j’ai couché ces chansons sur ce petit disque qui remonte quand même à il y a quelques années, que je joue toujours sur scène de temps en temps, je fais mes chansons, je dédicace mes albums à la fin, c’est sympa. J’aurais été frustrée de ne pas aller au bout de ce projet et je suis tellement fière du boulot qu’on a fait et que j’ai fait sur cet album que je suis satisfaite comme ça. J’ai plein d’esquisses de chansons, j’ai plein de compositions dans les tiroirs, des mélodies par-ci par-là, mais elles sont là et elles sont bien (rires).
Pensez-vous à une carrière de chanteuse ?
Je me sens bien avec ça. Et je n’ai pas du tout envie de faire une carrière de chanteuse parce que je pense que je m’ennuierais. On revient à ce qu’on s’est dit tout à l’heure, je ne ferais que chanter. C’est ce que j’ai dit quelques fois, mais c’est vrai, je pense que je ne me suis jamais vraiment retroussé les manches pour me bagarrer, pour avoir une carrière de chanteuse, parce que j’ai beaucoup accompagné d’artistes. Et puis la vie d’artiste, elle n’est pas simple. Il y a quand même une pression avec les maisons de disques, les distributeurs, la radio qui va diffuser ou pas votre titre, qui va diffuser le titre du copain une fois de plus. J’ai tellement assisté à ça que je n’ai jamais eu envie de me lancer là-dedans. Et ce n’est pas grave, on peut faire ses compositions sans avoir une maison de disques et passer à la radio, mais ça, c’est encore un autre combat.
Vous êtes aussi sur scène dans votre One Woman Musical Show. Ça se passe comment ?
Tant qu’on n’aura pas fait toutes les villes de France, il sera toujours sur les routes jusqu’à ce que mort s’en suive (rires). Je ne vais pas vous dire que je n’ai pas envie de faire un nouveau spectacle parce que ce spectacle, il a quand même été hyper réactualisé puisqu’il a été créé en 2018. Il n’a pas tourné énormément puisqu’il a été en création, en rodage à Paris, ensuite on a fait le Festival d’Avignon en 2019, ça s’est très bien passé. On est revenu à Paris pour installer un peu plus le spectacle et puis, au moment où on s’est apprêté à partir, prendre nos valises et partir sur les routes, il y a eu l’épisode que vous connaissez… le COVID. Tout est resté en suspens… Puis, au moment où on s’est dit : ‘Ça y est, les spectacles reprennent’, il y a eu la tournée N’oubliez pas les paroles. Comme ça a a représenté un peu plus d’un an de travail, on s’est dit : ‘Bon, qu’est-ce qu’on fait là ? On part ?’. Je suis seule sur scène, mais je travaille avec une équipe.
Depuis août dernier, vous avez ajouté une autre corde à votre arc, déjà nombreuses. Vous êtes devenue chroniqueuse musicale pour l’émission Sophie et les copains. C’est une nouvelle expérience pour vous, vous aimez ?
Ça se passe super bien parce que c’était une nouvelle expérience pour pas mal de personnes et surtout pour Sophie Davant. Elle a embarqué avec elle des personnes qui ont une grande expérience de la radio et d’autres moins. J’appréhendais… Je sais que j’avais très envie de faire de la radio et j’en ai toujours rêvé, mais cette aventure-là, elle est vraiment tombée du ciel. Elle m’a contactée fin juillet et j’ai trouvé cette mission incroyable. Et puis, ça s’est passé de mieux en mieux à chaque fois. C’est-à-dire que j’ai pris mes marques, la rédaction, l’équipe, la régie sont tellement hyper cool, hyper fun. On sent qu’ils aiment leur métier. Donc ils font tout pour que tout se passe bien et que ce programme s’installe et que les gens s’habituent à entendre Sophie Davant à la radio et puis toute son équipe autour. Moi, j’ai été honorée qu’on m’appelle pour ça et ça se passe très bien.
Ça faisait partie de vos objectifs la radio ?
Alors maintenant, je peux vous dire que oui, bien sûr. Je travaille déjà à l’écriture de chroniques, de petites mécaniques d’une émission qui pourrait être en podcast, quelque chose de musical, bien sûr. Et voilà, j’ai des esquisses de choses à droite à gauche et j’attends d’avoir un peu plus de temps pour me pencher dessus. J’aimerais beaucoup œuvrer dans ce sens-là aussi. J’aimerais beaucoup faire de la radio.
Quel serait votre rêve, professionnellement parlant ?
Je n’ai pas vraiment de rêve ultime mais c’est vrai qu’il y a un rêve que j’ai et je pense qu’il n’y a plus vraiment de chances que ça se réalise… En tant que musicienne-accompagnatrice, j’aurais adoré accompagner Céline Dion. Et finalement, si, j’ai un rêve ultime (rires). Mon rêve ultime, vraiment, serait qu’un jour, une chaîne de télévision me confie un programme musical que je puisse animer toute seule ou accompagnée. Je suis très pour la collaboration, la co-animation, les équipes et tout ça. Je n’ai pas forcément envie d’être toute seule sur un plateau.